Des hommes et des pouvoirs, des illusions et une réalité : comment gouverner ?

“Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités”.
Je me demande toujours pourquoi des êtres humains cherchent tellement à être dirigeants de pays. Quand on nait prince ou princesse on doit suivre la famille, mais dans les autres cas ?
L’amour du pouvoir, l’argent, les “facilités” semblent être les réponses. Pourtant je reste persuadée que tout ça n’est qu’un ensemble d’illusions.
L’homme a toujours été attiré par la facilité. Mais cette facilité a toujours conduit ceux qui l’ont utilisée à la mort, à la misère. Etre chef d’un pays pour moi c’est avant tout être seul, ne pouvoir compter que sur soi, toujours tout vérifier, ne jamais se reposer.

Aujourd’hui, les gens ne chercheraient pas à maitriser un pays entier s’ils savaient ce que ça signifie vraiment. Un grand pouvoir implique non seulement des responsabilités mais aussi de grands sacrifices personnels. Il est plus facile de diriger un pays en bonne santé qu’un pays au bord de la ruine comme le notre.
Et là j’ai compris une chose qui est pourtant évidente. Ceux qui se battent pour être dirigeants, ceux qui nous divisent, qui font de beaux discours vides de sens réel, n’ont surement jamais eu à prendre leurs responsabilités ni à faire des sacrifices pour un pays entier.

Après lecture des livres de Sun zhu L’art de la guerre et de Han Fei Zi l’art de gouverner, j’en suis venue à la conclusion qu’ils devraient être étudiés par tous ceux qui veulent occuper un poste important ; que ce soient les ministres, les députés, les maires ou encore le président de la république.

Un concours sur L’art de gouverner de Han Fei Zi devrait être imposé à ceux qui veulent se présenter aux élections présidentielles.

Vu ce qui se passe aujourd’hui, j’ai décidé de mettre certains extraits qui me semblent pertinents car toujours d’actualité depuis 233 av J-C au moins.

“Ceux qui n’entendent rien à l’art de gouverner disent souvent: ” ne changeons rien aux anciennes traditions; ne bouleversons  pas les pratiques établies.”
Mais le seul véritable ne pense pas en termes de réforme ou de préservation; il ne se préoccupe que de gouverner avec la situation présente. S’il change de voie, s’il abandonne les coutumes, ce n’est que parce qu’elles sont obsolètes.
En général, ceux qui s’opposent par principe au changement, craignent la réaction du peuple, lequel n’aime guère qu’on  modifie sa façon de vivre. Pourtant ceux qui échouent à mener les justes réformes ne font qu’étendre et prolonger le chaos. En cherchant à plaire au peuple, ils ne font que promouvoir leurs propres intérêts et conduisent le pays à la catastrophe. Si la population est trop idiote pour s’alarmer des signes de désordre le gouvernement trop lâche pour entreprendre les changements nécessaires, c’est toute la nation qui va de travers.
Le peuple est stupide et redoute le changement. Il ne supporte pas le moindre sacrifice, même s’il permet l’avènement d’une prospérité accrue. ”

“Un sage gouverne donc en tenant compte de la somme des biens disponibles; il pense en terme de rareté ou d’abondance. Lorsqu’il punit légèrement, ce n’est pas par compassion. Lorsqu’il punit durement, ce n’est pas par cruauté. Il sait simplement évaluer ce qu’il convient de faire en fonction des circonstances. La manière de gérer les affaires varie selon les époques. ”

“On tient le peuple par la force.
On ne peut encourager les actions privées et assurer la prospérité de l’État.
En temps de paix, le pays soutient les érudits et les justiciers solitaires, mais lorsque la guerre menace,  c’est de soldats dont il a besoin. Ignorer cela revient à se priver de ceux qui sont utiles à l’état et employer ceux qui ne lui sont d’aucun profit.
Aussi lorsqu’on tente d’instaurer la Loi pour le plus grand nombre, il ne faut pas s’appuyer sur des doctrines quand même les plus érudits peinent à saisir. Comment le peuple pourrait-il bien les comprendre ?
En matière d’administration et de communication, il faut s’exprimer en des termes compréhensibles par le plus grand nombre. Chercher finesse en s’appuyant sur la pensée des sages peut ruiner tous les efforts du gouvernement.
Les gens du peuple jugent un homme bon parce que sa conduite est loyale et honnête, c’est-à-dire qu’il ne cherche pas à les tromper.
N’ayant ni les moyens ni le pouvoir de contrôler les autres, ils préfèrent se lier à ceux dont ils sont sûrs qu’ils ne leur feront pas de mal.
Sur des questions concrètes, si le gouvernement se contente des rapports qu’on lui remet, sans aller en vérifier le résultat, il poursuit inexorablement sa course vers la déliquescence.”

” En matière de conduite personnelle, on se contente de la seule élévation spirituelle, sans s’intéresser aux réalisations concrètes.
L’armée devient de plus en plus faible et le gouvernement sombre dans la confusion.
Le peuple encense et le souverain honore, ce qui conduit l’État à sa ruine.
Nombreux sont ceux qui traitent de l’agriculture, mais peu posent leurs mains sur une charrue.
Nombreux sont ceux en effet qui discourent sur l’art de la guerre, mais peu revêtent leur armure. Lorsque la population des agriculteurs diminue, le pays s’appauvrit. Le monde plonge alors dans le chaos.

Les ministres en charge des Affaires étrangères ne sont que les porte-parole des partis et forces en présence. Ils utilisent les alliances et ressources du pays à des fins personnelles, pour défaire leurs Rivaux et favoriser leurs alliés.
Il n’y a aucun avantage à s’inféoder à un État fort si ce n’est pour perdre le contrôle de son territoire et saper les fondements du gouvernement.
Venir en aide à un état faible ne garantit pas qu’on puisse le sauver.

Le dirigeant qui ne se fie pas aux propres lois et procédures de son pays, mais se fonde sur des enseignements étrangers, conduit l’Etat au désordre et à la faiblesse. Un proverbe dit : “les longues manches font les bons danseurs; la richesse fait les bons hommes d’affaires.” ”

“Mieux vaut donc, au lieu de se perdre en stratégies diplomatiques, renforcer l’ordre intérieur de l’Etat, s’assurer que les lois soient claires et cohérentes, que les récompenses et les châtiments soient prononcés et accomplis sans faillir, que de toutes les ressources du pays soient exploitées au mieux et que les greniers soient pleins; que les troupes soient entraînées et prêtes à offrir leur vie à la défense des cités, de telle sorte que tout Conquérant potentiel soit assuré de gagner peu et de perdre beaucoup. Voilà comment on garde son pays de la destruction.
Lorsque les manigances diplomatiques ont fait faillite et que la politique intérieure a mené l’état au désordre, la ruine du pays est inévitable.
Les seuls soucis du peuple sont la sécurité et la prospérité. Ses seules craintes sont l’insécurité et la misère. L’homme du peuple, lorsqu’il est mis sur le champ de bataille, est pris en tenaille: S’il avance, l’adversaire risque de le tuer; s’il recule, c’est la peine de mort pour désertion.
Les faiseurs de discours manigancent pour asseoir leur position et assurer leurs intérêts au détriment de ceux du pays.”
Bonne lecture et bon courage à ceux qui veulent que l’avenir de nos pays change

http://livre.fnac.com/a2796618/Han-Feizi-L-art-de-gouverner

 

 

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