Conclusion : Et maintenant?

Et maintenant ?

Quelques astuces :
Lors du face à face, l’important n’est pas la réaction des parents lors de la confrontation, mais la nôtre.
Si nous sommes capables de rester ferme face à la fureur de nos parents, à leurs accusations, leurs menaces et leurs tentatives culpabilisantes, ce sera un grand moment de vie, porteur de changements positifs pour nous.
Si nous n’en sommes pas capables rien n’est perdu. Nous pouvons ré-essayer autant de fois que nous en avons besoin. Sans pour autant les multiplier à l’infini.

Types de réponses face aux réactions de nos parents :
« Tout ça n’est jamais arrivé »
=> « Le fait que tu ne t’en souviennes pas ne prouve pas que ce n’est jamais arrivé »

« j’ai dit que j’étais désolé. » carotte pour nous neutraliser
=> « J’apprécie que tu t’excuses. Si tu es véritablement désolé tu seras disponible pour moi quand j’aurai besoin de toi, en répondant à mes désirs et non aux tiens. »

« Nous avons fait de notre mieux » compassion de notre part
=> « Je comprends que tu as passé des moments difficiles mais j’ai besoin que tu comprennes que la façon dont tu réagissais à tes problèmes m’a vraiment fait souffrir. »

« Regarde tout ce que nous avons fait pour toi. » = « Voilà comment tu nous remercies »
=> « J’apprécie vraiment tous vos efforts, mais cela n’a jamais pu compenser les peines et les douleurs que j’ai ressenties. »

« Comment peux-tu me faire cela ? » = ce sont eux les victimes et nous les personnes cruelles. Ils nous accuseront de leur faire du mal et de les décevoir. = nous faire culpabiliser
=> « Je suis navré que vous soyez contrariés. Je suis désolé que vous ayez de la peine. Mais je ne céderai pas là-dessus. Moi aussi j’ai souffert pendant de très longues années. Et je souffre encore. »

Le but est d’éviter l’enlisement dans les pièges émotionnels. Ne cherchez pas à vous défendre, ni à rester sur la défensive. Les « parce que » sont à bannir.

Si toute communication devient impossible avec les parents à cause de leurs comportements, il faut interrompre toute discussion. Levez-vous si vous êtes assis et partez ! Quoi que vos parents vous disent. Partez sans vous retourner. Une autre fois peut-être ils seront plus disponibles pour vous écouter.

C’est un échec pour eux, pas pour nous. Lors de cette constatation il est plus facile de renoncer à notre espoir insensé d’une relation d’adultes avec eux.

« Je pense que ce qui me fait si peur c’est d’avoir décidé que je ne veux plus me sacrifier. Je vais les laisser être responsables de leurs choix et d’eux-mêmes, pour changer. Même si je risque de perdre mes parents. Cela est arrivé au point où c’est eux ou moi. »

Le danger réside dans la réaction des parents qui feront pratiquement tout pour rétablir le confortable équilibre familial auquel ils sont habitués. Ils sont capables d’exercer une formidable séduction quand ils chantent, telles des sirènes, leurs complaintes de culpabilité, de pitié ou de reproches.
Ils ont tendance à ne pas supporter les changements définitifs ; comme couper toute relation avec leurs enfants.
Nous avons tous gagné en confiance en nous et en liberté de choix et d’action. Nous avons rencontré des gens merveilleux et puis des gens un peu moins merveilleux. ^__^ Mais toutes les rencontres nous ont enseigné des choses.

Nous nous sommes sacrifiés toute notre vie. C’est le moment de changer et de vivre enfin.

Même à 40 ans, même à 50 ans, même à 60 ans et même après, il est toujours temps de le faire. Nous vivons de plus en plus longtemps. Pour quelles raisons attendre encore ? Le prince charmant sur son destrier blanc ne viendra pas vous tirer de là (déjà il faudrait qu’il existe !), la princesse charmante ne viendra pas non plus vous donner les moyens de vous libérer (elle non plus n’existe pas). Attendre ne sert donc à rien si ce n’est vous enliser dans le désespoir, la solitude, les ténèbres.

Une fois les vieux schémas avec nos parents détruits, nous avons gagné en temps, en énergie et en sérénité. Certains d’entre nous ont réactivé des projets endormis au fond de leur âme. D’autres ont multiplié les activités extraprofessionnelles et ont fait des rencontres ce qui leur a permis d’élargir leur cercle d’amis.

Nous sommes devenus plus tolérants, plus ouverts et plus disponibles pour les relations avec les autres.

Nous avons décidé de faire des choses que nous n’avions jamais fait auparavant, pour essayer et tester afin de découvrir ce qui nous convient ; ce qui nous correspond.

Nous avons guéri nos corps et certains ont commencé à faire du sport.

Nous avons commencé à voyager seuls ou avec des amis.

Nous ne sommes pas des victimes. Nous refusons l’apitoiement et la victimisation. Changer notre comportement c’est changer également nos relations avec nos parents et avec le monde extérieur. Nous ne sommes plus des enfants sans défense.

Et les autres ne sont pas là pour qu’on leur fasse vivre l’enfer que nous avons vécu.

Reconnaître nos torts et nous excuser de notre comportement explosif et malsain avec les autres, brise le cycle infernal, car nous avons conscience de notre manière d’être et ne voulons pas récidiver.

La seule façon de communiquer avec nos parents est de ne pas jouer à leurs jeux. Si nous n’avons toujours pas obtenu l’affection et l’acceptation de nos parents à l’âge adulte, il y a vraiment peu de chances pour que nous l’ayons un jour.

Une des choses les plus difficiles à faire reste de laisser nos parents être ce qu’ils sont, comme ils sont.

Lorsque quelqu’un nous manifeste son amour, nous nous sentons acceptés, respectés, ayant de la valeur. Le véritable amour provoque des sentiments de chaleur, plaisir, sécurité, stabilité et paix intérieure.

Nous avons découvert que notre angoisse face à nos parents s’est envolée au moment où nous avons compris et admis que nous n’avions plus besoin de leur approbation. Nous sommes devenus émotionnellement autonomes.

Et plus nous sommes autonomes et indépendants dans nos vies et dans nos têtes, moins nos parents sont satisfaits. Ils se sentent réellement menacés par le changement.
Parents : « Tu n’as plus besoin de moi »
« Tu me détestes. »
Nous : « En effet je n’ai plus besoin que tu me considères comme un enfant attardé mental. »
« Je suis navré que tu le prennes de cette façon. »

« Attendez-vous à flancher ; attendez-vous à faire des erreurs. Vous n’échapperez jamais tout à fait à l’angoisse, à la peur, à la culpabilité et à la confusion. Comme tout le monde. Mais ces démons ne vous contrôleront plus. C’est la clef de la vie. »

Point information santé par magtebmeiji :
Il est fréquent que les adultes comme nous souffrent de maux de tête, de maux d’estomac, de tension musculaire, de fatigue chronique, de perte d’appétit (anorexie) ou de boulimie, d’insomnies ou de nausées. . . et bien d’autres.
En travaillant à nous changer et à reprendre nos vies en main, certains ont réussi à arrêter leur boulimie, d’autres ne sont plus fatigués, d’autres n’ont plus de maux d’estomac ou de tension musculaire, d’autres ont combiné tout cela à la fois et d’autres ont soigné des maladies plus graves encore.
Les bénéfices de ce soin sont visibles rapidement si et seulement si nous arrêtons de fuir la réalité, aussi dure soit-elle.

Point d’attention d’Auron :
Si les parents vous disent qu’ils vont se suicider, partez sans vous retourner. Il y a bien sur des chances pour qu’ils passent à l’acte mais il est important de comprendre que vous n’êtes en rien responsables de leurs décisions. S’ils décident de vraiment se suicider qu’ils le fassent.
La plupart ne le feront pas. Je connais une personne qui a même osé dire à ses parents qu’elle pouvait leur trouver une arme à feu pour le faire s’ils le désiraient.
La peur et la culpabilité l’ont rongée mais elle n’est jamais revenue en arrière. La prochaine fois que mes parents me menacent de suicide je leur dirai la même chose.
Les gens qui se suicident, en général, ne le disent à personne et passent à l’acte. Comme nous avons failli le faire. En silence.

 

Pardonner à ses parents est-ce une solution ?
Nous avons pour la plupart d’entre nous commencé par pardonner le comportement de nos parents. Pour nous rendre compte, pour encore une plus petite partie d’entre nous, que le pardon est un piège. Il nous rend plus vulnérables. Il diminue nos capacités à évacuer nos émotions refoulées pendant toutes ces années. Comment reconnaître alors notre colère, notre tristesse et notre douleur ?

Vous pouvez leur pardonner une fois l’indépendance émotionnelle acquise.

Car, avant de pardonner, il est primordial de remettre les responsabilités de ce qui nous est arrivé à la bonne personne.
En pardonnant aveuglément aux parents qui nous ont blessé, nous aboutissons en retour à nous détester nous-même d’autant plus et à nous haïr. « pourquoi je n’ai rien vu ? » ; « pourquoi n’ai-je pas agi/réagi plus tôt ? »…
Certains d’entre nous ont besoin de pleurer sur l’amour et la reconnaissance qu’ils n’ont jamais reçu de leurs parents et qu’ils ne recevront jamais.
« pardonne et oublie » c’est exactement comme dire : « fais comme si rien ne s’était passé ».

C’est une illusion de penser ou de croire que nous pouvons oublier. En nous, il y a un enfant à réconforter et à soigner, un adolescent à encourager et un adulte à aimer.

Pour savoir si vous êtes en phase de pardon demandez-vous :
Êtes-vous capables d’avoir vos propres pensées, d’entreprendre vos propres actions, de ressentir vos propres sentiments sans prendre en considération en aucune façon les espoirs et ambitions de vos parents, et sans ressentir de la culpabilité ?
Si la réponse est oui de façon sure et certaine alors vous êtes en phase de pardon. Si non, gardez le pardon vraiment pour la fin.

 

Comment remettre la responsabilité à la bonne personne ?
Nos parents sont responsables de ce qui se passe à l’enfance et à l’adolescence.
Quelles qu’aient été leurs intentions, la responsabilité qui leur incombe leur revient de droit. A l’âge adulte les responsabilités sont partagées entre l’adulte-enfant et les parents :
« Mes parents étaient responsables de ma dépression. Je devais toujours être disponible pour eux. »
« Je suis responsable de ne pas savoir refuser »

« Mes parents étaient responsables du choix de l’appartement dans lequel je vis. »
« Je suis responsable d’avoir manqué de courage. »
« Je suis responsable d’avoir signé des papiers que je ne voulais pas signer. »

« Mes parents sont responsables du vide sidéral de ma vie amoureuse. »
« Je suis responsable de rester murée chez moi ou dans mon sommeil. »

« Mes parents sont responsables de mon mal-être »
« Je suis responsable de ne pas me connaître/m’accepter. ». . .

Pour finir, nous rassurons les parents qui ont eu le courage de lire tout l’article. Nous ne vous demandons pas de changer pour nous. Nous n’attendons plus rien, car nous sommes des adultes maintenant. Nos vies sont entre nos mains. Nous en sommes responsables.

C’est à nous de consoler l’enfant qui est en nous et de faire notre deuil de notre passé.

C’est à nous de changer et de prendre l’entière responsabilité de nos choix.

Nous apprenons plein de choses sur la vie, sur l’amour, sur les relations avec les autres. Nous sommes partis à la découverte du monde et ne comptons pas nous renfermer à nouveau dans cette prison. C’est notre choix et nous ne le regrettons pas.

Nous avons le droit de nous tromper et de tomber. L’essentiel est de se relever. Ce sont les leçons de la vie. Et justement nous avons une vie à construire.

NB: « l’absence de choix est également  un choix. C’est le pire choix qu’on puisse faire. »

Bon courage à tous

Nous répondrons à toutes vos questions et toutes vos remarques par mail de manière confidentielle sur magtebmeiji@gmail.com

Remerciements :
A Thomas et Magtebmeiji pour leur patience, leur écoute et surtout pour nous avoir donné le courage de prendre nos vies en main car nous doutions de pouvoir changer quoi que ce soit.
Aux psychologues qui nous aident encore aujourd’hui à réparer nos âmes.
A nos amis qui nous ont supportés toutes ces années et qui sont encore là pour nous malgré nos comportements et paroles violents.
A nos enfants que nous avons blessés, à qui nous avons demandé pardon et qui nous ont compris.
Auron, David, Fleur, Lynda, Michael, Thomas et Magtebmeiji

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