Nos comportements et réactions

Quelques explications complémentaires sur nos propres réactions et comportements

Nous, comme beaucoup d’autres adultes, avons utilisé très tôt le déni de réalité. « La dénégation est le plus primitif et le plus puissant système de défense psychologique ». Il déguise la réalité pour minimiser ou même nier l’impact de certaines expériences pénibles.

Souvent, à l’âge adulte, nous avons pensé de nos parents :
« Ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient. »
« Ils avaient de bonnes intentions. »
« C’est parce qu’ils nous aiment. »

Cela masque le fait que nos parents nous ont abandonné émotionnellement. Le développement émotionnel sain est très ardu pour nous par « l’absence » même de nos parents sur le plan sentimental. Nous avons grandi sans nous rendre compte que nous étions une sorte de marionnette qu’ils ont toujours manipulée au gré de leurs émotions.
Nous avons grandi sans comprendre ce qu’aimer signifie et nous avons adopté inconsciemment les mêmes comportements que ceux de nos parents… même si nos comportements nous dégoûtaient profondément. Nous ne savions pas comment être autrement avant de nous comprendre et de comprendre l’origine même de nos réactions. Nous avons changé grâce aux rencontres que nous avons faites tout au long de notre vie.

Pour quelles raisons explosions-nous face à nos parents au lieu de discuter comme des adultes matures ?
Car la dénégation fut notre « cocotte-minute » émotionnelle : plus longtemps nous la laissions fermée, plus nous faisions monter la pression et plus l’explosion fut violente. Quand les crises émotionnelles arrivaient, il nous a fallu affronter les vérités que nous avions évitées. Et cela dans un moment de stress intense. Encore aujourd’hui, nous nous entraînons à dire les choses au lieu d’intérioriser et de prendre sur nous afin d’arriver à complètement vider notre charge émotionnelle face à eux.

Mais depuis toujours, nos parents ont miné la confiance que nous avions en notre capacité de percevoir la réalité. Et cela a rendu encore plus difficile la réhabilitation de notre estime personnelle après les avoir écoutés :
« Ce n’est pas si grave. »
« Tu n’as rien compris. »
« Cela ne s’est pas passé comme ça. »
« Cela n’est jamais arrivé. »
« Tu interprètes tout ce que je dis mal / de travers. »

Tu viens t’amuser ? O_o Qu’est-ce que s’amuser veut dire ? Ai-je le droit de m’amuser aussi ?
Avant de commencer à changer notre manière de penser et d’agir, « s’amuser » n’avait pas beaucoup de sens. Nous n’avons eu que des obligations et des responsabilités qui majoritairement n’étaient pas les nôtres, tout au long de notre vie, faisant passer les besoins de nos parents systématiquement avant les nôtres. Nous répondions présents dès qu’ils en avaient besoin et souvent nous faisions ce qu’ils nous « demandaient » de faire pour éviter les confrontations ou parce que nous pensions que c’était bien pour eux, que cela les aidait. Bien sur nous nous trompions. Cela ne les a jamais aidé puisqu’ils sont dépendants de nous. C’est comme si c’étaient nous qui avions des enfants et non l’inverse.

Aussi loin qu’on se souvienne, nous n’avons éprouvé aucun plaisir à faire ces choses-là. Ce qui nous rendait heureux étaient le peu de choses que nous avions décidé de faire par nous-même pour nous-mêmes.
Quand nous osions nous rebeller ou faire différemment, l’enfer se déchaînait généralement. La culpabilité ressentie à ces moments-là envers les parents était un puissant outil pour nous manipuler.
« Tu ne m’as pas écouté ! Pourquoi tu n’as pas fait comme j’ai dit, abruti ! »
« Je te l’avais bien dit de faire comme ça. Tu devrais me faire confiance et faire exactement comme je te dis tout le temps et quel que soit le sujet. »
« voilà, j’en suis malade. Pourquoi je ne peux jamais compter sur toi ? »
« Tu n’as pas une petite place pour moi dans ton agenda de ministre ? J’ai besoin de toi. »
« Dès que je te demande un petit effort c’est comme si je te demandais la lune. N’es-tu pas capable de faire quelque chose pour moi après tout ce que j’ai fait pour toi ? »
« après tous les sacrifices que j’ai dû faire, c’est comme ça que tu me traites ! »
STOP, STop, stop. Nous n’avons jamais demandé à qui que ce soit de se sacrifier. Les enfants ne demandent pas de sacrifices aux parents. Ils leur demandent d’être là avec eux et pour eux.

« Tous les enfants sont égoïstes. Mais c’est ce pour quoi leurs parents doivent être présents. S’ils ne sont pas égoïstes dans leur propre famille où pourront-ils l’être ? Nulle part ! »

Nous avons gardé en nous pendant des années un sentiment de culpabilité exacerbé et un sens des responsabilités excessif.

Nous nous sommes souvent trouvés pris au piège d’un cercle vicieux qui nous faisait accepter des responsabilités pour tout, échouer inévitablement, nous sentir coupables et incapables, et réagir en redoublant d’efforts, pour un résultat tout aussi minable à nos yeux et à ceux de nos parents. Ce que nous faisions ne trouvait jamais grâce à leurs yeux. Notre frustration s’est accumulée au fil des ans jusqu’à imploser.

Il est clair qu’avec ce type d’éducation nous n’avions pas reçu le modèle pour apprendre à donner et à recevoir de l’affection, de la tendresse, de l’amour. La question que nous nous sommes souvent posée est : Qu’est-ce que nous devons attendre d’une relation amicale ? et d’une relation amoureuse ?

Nous n’avons pas de réponse à ces questions à ce jour. Nous sommes encore en pleins changements comportementaux. Nous travaillons à effacer nos blocages psychologiques et sortir de nos prisons. Cependant pour nous il est primordial d’accepter l’autre tel qu’il est. Sûrement à cause des rejets répétitifs de nos propres parents. Être accepté par l’autre ne veut pas dire ne pas changer / évoluer. Cela donne du courage, apporte la sérénité et la paix de l’esprit, nous fait gagner en confiance et maturité.

De l’enfant à l’adulte que nous sommes devenus, nous continuions à nous poser des questions sur les actions/réactions de nos parents comme :
« pourquoi tout ce que je fais est mal ? »
« pourquoi ne pouvez-vous me traiter en adulte ? »
« pourquoi agissez-vous comme si chacune des décisions que je prends seul(e) était une agression à votre égard ? »
« pourquoi ne m’aimez-vous pas ? »
« pourquoi ne m’acceptez-vous pas comme je suis devenu, si moi ça me va ? »
« pourquoi êtes-vous si intolérants à mon égard ? pourquoi me rejetez-vous ? »
En réalité, notre opinion n’a aucune valeur aux yeux de nos parents. Nos besoins, nos désirs n’ont pas la moindre importance pour eux.

En nous détruisant leur message est le suivant : « Tes sentiments ne sont pas importants. Je suis la seule / le seul qui compte. »

Et le pire pour nous fut que certains des parents ne se rendent même pas compte de cela. MAIS! ce n’est pas une excuse pour effacer le passé ni pardonner leur comportement.
Nos parents dominateurs ne supportent pas que leurs enfants aient leurs propres idées. Nous ne savons jamais quelle faute nous avons commise. Nous avons passé tout notre temps et toute notre énergie à trouver comment plaire à nos parents. Ce qui fut inutile et vain.
C’est comme courir dans une course où la ligne d’arrivée est systématiquement déplacée. Nous ne gagnons jamais.
Parents : « Lorsque tu auras le bac tu seras considéré comme un adulte. »
Arrivé au bac. « Lorsque tu auras 18 ans tu seras considéré comme un adulte »
Arrivé à la majorité légale. « Lorsque tu auras ton premier CDI… »
Arrivé en cdi après la période d’essai. « Lorsque tu paieras ta propre feuille d’impôts, … »
Première feuille d’impôts payée intégralement. « Lorsque tu auras ton chez toi, … »
Etc etc etc

Il est bon d’abandonner l’espoir que les parents dieux, dominateurs, manipulateurs changeront un jour. Préparez-vous à faire le deuil de vos rêves et espoirs de voir vos parents changer de comportement.

Si cela arrivait par le plus grand des miracles, sachez que c’est extrêmement rare.

C’est à nous, enfants de ces parents, de changer. Nous nous concentrons avant tout sur nos vies. Nous sommes devenus égoïstes avec notr etemps et notre énergie.

Parce qu’avant nous nous étions habitués à renoncer devant n’importe quelle situation de vie réelle, nous nous étions figés dans le temps et l’espace :
– faire toujours plus (côté perfectionniste)
– remettre à plus tard (procrastiner ; effet du perfectionnisme)
– et puis ne plus rien faire (paralysie totale, autre effet du perfectionnisme.)
A la fin, nous ne faisions véritablement plus rien de nos vies si ce n’est soutenir nos parents.
Nous vous conseillons le livre L’apprentissage de l’imperfection de Tal Ben-Shahar:


… Destruction de quelques vérités absolues apprises dans nos systèmes familiaux :
Nous : « je ne peux me fier à personne »
=> Vient de « toute ta vie tu ne pourras compter que sur moi, ton parent. Je suis le (la) seul(e) à vouloir ton bien. Les autres ne te diront jamais ce qu’ils pensent. Je suis le (la) seul(e) à me préoccuper de ton bien être. »

« Sur 50 personnes, si 1 seule vous trahit, ne passez pas votre vie à douter des 49 autres personnes. Même si ce sont des membres de votre famille. »
« Je n’ai pas besoin de faire confiance aux autres. Quoi qu’il arrive je sais pouvoir compter sur moi. C’est le plus important pour se relever de n’importe quelle situation. »

Nous : « je n’arriverai jamais à rien »
=> vient des mots des parents du style : « Tu es stupide. »/  « C’est une perte de temps. »/ « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Tu fais comme ça. »

Nous : « je ne vaux pas la peine qu’on s’occupe de moi. »
=> vient des mots des parents « Tu es ingrate. » / « je ne peux pas compter sur toi. Personne ne peut compter sur toi. » / « je ne peux pas te faire confiance. »

Nous : « je suis moche »
=> vient des mots de parents du style : « Tu es laide. / Tu es grosse / tu ne sais pas sourire. »…

Physiquement nous sommes comme nous sommes. Prenez soin de vous, faites un peu attention à ce que vous mangez, souriez, riez, et vous serez beaux.

Nous : « Personne ne m’aime. »
=> vient de tous les autres mots et des rejets continuels de nos parents.
Découvrez vos qualités, apprenez à vous aimer et à avoir confiance en vous, et vous trouverez des personnes qui vous aimeront. Rien que le changement de comportement amèneront les autres à vous apprécier davantage.
Etc.

Quelques exemples de règles familiales inexprimées qui tirent des fils invisibles pour nous manipuler et qui exigent une obéissance aveugle de notre part :
« Ne réussis pas mieux que nous. »
« Ne soit pas plus heureuse que ta mère/ton père. »
« Ne mène pas ta propre existence. »
« N’arrête jamais d’avoir besoin de moi »
« Ne m’abandonne pas »
« Ne te fie qu’à moi »
« Supporte la douleur. T’es une chochotte. »
« Les affaires de famille doivent rester en famille. Tu ne dois pas en parler aux autres. »

Nous avons tendance à suivre les règles familiales parce que désobéir équivaut pour nous, comme pour tout enfant, à trahir la famille.

Dans cet état, nos sentiments, nos comportements et nos décisions ne nous appartiennent plus. C’est comme si être différent était mal. C’est comme si exister était interdit. Tout ce que nous avions le droit de faire était de respirer. Et encore, pas trop bruyamment.

L’absence de choix est directement liée à la relation fusionnelle. C’est la clef pour verrouiller un enfant de l’intérieur.

Pourtant nous n’étions en rien responsables des choix de vie de nos parents, de leurs sentiments ou de leurs humeurs à l’époque.
Nous avons eu 2 sortes de réactions avec les parents manipulateurs/dominateurs/perfectionnistes :
1. Céder continuellement aux exigences/ demandes des parents afin de les calmer et de ne pas les blesser.
2. faire tout le contraire, hurler contre eux, les menacer, etc…
Or, comme nous l’avons dit, toute réaction émotionnelle forte contre eux, signifie leur accorder le pouvoir de nous contrôler.

Continuons…
Voici quelques exemples de nos propres croyances fausses sur nos relations avec nos parents :
« C’est à moi de rendre mes parents heureux. »
« C’est à moi de rendre mes parents fiers. »
« Je suis tout pour mes parents »
« Mes parents ne pourraient pas survivre sans moi. »
« Si je tenais tête à mes parents, je les perdrais pour toujours. »
« Si je leur disais combien ils m’ont fait souffrir, ils diraient que je me trompe sur les événements, que je n’ai rien compris ».
« Les sentiments de mes parents sont plus importants que les miens. »
« Ce n’est pas la peine de parler avec mes parents, parce que cela ne nous avancerait à rien si ce n’est des crises de nerfs des 2 côtés. »
« Si seulement mes parents changeaient, je me sentirais mieux dans ma peau. »
« Il faut que je me rachète auprès de mes parents pour ma méchanceté, mon égoïsme et égocentrisme. »
« Si seulement je pouvais leur faire comprendre combien ils me font mal, je sais qu’ils agiraient différemment. »
« Quoi qu’ils aient pu faire ils sont toujours mes parents et je dois les honorer. »
« Mes parents n’ont aucun contrôle sur mon existence. Je me bats sans cesse contre eux. »
Il faut se réveiller. Oui cela fait mal de l’admettre. Oui nous avons tous pleuré. Et non, nous ne pouvons pas demander de l’aide à ces parents.

La dernière phrase est la plus difficile à admettre, car nous restons enchaînés malgré tout. Se battre contre eux c’est se laisser faire.

Essayer de changer les parents ?
Nous luttons de toutes les façons possibles afin qu’ils deviennent affectueux et nous acceptent. Cette lutte épuise notre énergie et remplit nos jours d’agitation et de souffrance et nos nuits de cauchemars.

Cette lutte est pourtant vaine tellement c’est ancré en eux. Tellement ils sont persuadés d’avoir raison.

Nous avons donc établi l’axiome suivant : « Nos parents ne changeront pas malgré tous nos efforts et toute notre volonté. »

Nous avons effacé nos culpabilités qui n’ont pas lieu d’exister et nous avons abandonné ces croyances et nos règles familiales et nous avons osé exister. Nous sommes des êtres humains qui méritons de vivre, d’être respectés (tais-toi la voix qui dit le contraire), d’être aimés (dégage la voix qui s’oppose à ma volonté), qui avons nos propres goûts (j’aime le jaune, le rouge, le rose. Et j’en suis fière parce que ce sont mes goûts et que j’en ai le droit.), nos rêves (à réaliser absolument. Nous avons trop et trop longtemps « dormi ».) et nos propres objectifs dans la vie (ferme-là la voix qui dit le contraire. Tu n’as plus voix au chapitre).

D’ailleurs, comment s’aider à maîtriser cette voix en nous qui nous démolit et qui est la réplique même de la voix de nos parents ?

Certains sont partis en thérapie, d’autres ont décidé de ne pas maîtriser cette voix mais de la transformer et se sont rendus compte qu’en guérissant intérieurement, cette voix disparaissait d’elle-même. D’autres n’ont pas eu le courage encore de se lancer. En effet, seul c’est difficile. Il semble qu’être bien accompagné facilite l’épreuve.
Nous sommes tous bien entourés maintenant. Vous vous rendrez compte qu’autour de vous, vous pouvez avoir les appuis nécessaires à reprendre votre vie en main et à en faire ce que vous souhaitez. Courage !

Quand nous ignorons nos besoins et nos désirs pour le bien des sentiments de notre mère ou notre père, nous agissons à l’encontre de nos intérêts et de leurs intérêts.
Notre colère et notre ressentiment auront forcément des conséquences sur nos relations. Tant que leurs sentiments passeront toujours en premier, ils seront aux commandes de notre vie et nous empêcheront de nous sentir un véritable adulte. La frustration augmentant, la colère augmente également et ça explose ou implose.
Nos comportements agressifs sont toujours un signe de fusion, à cause de l’intensité de nos sentiments, à cause du caractère répétitif et prévisible de nos réactions et à cause du fait que notre comportement n’est pas choisi librement, mais plutôt déterminé par notre besoin de prouver notre indépendance par la défensive.

La colère est chargée d’émotions dérangeantes. Quand nous la refoulons, nous risquons de devenir déprimés ou agressifs. La colère refoulée est imprévisible, elle peut exploser à tout moment. Et quand cela arrive, c’est de façon incontrôlable.
Exemple de nos différents comportements par rapport à la colère :

  • Nous l’enterrons et devenons malades ou déprimés
  • Nous la détournons et la transformons en souffrance ou calvaire
  • Nous la tuons dans l’alcool, la drogue, la nourriture et/ou le sexe
  • Nous explosons à chaque occasion en laissant la colère faire de nous une personne tendue, frustrée, suspicieuse, agressive et qui finira de toutes manière seule.

Extrait : « La colère est une émotion humaine qui nous alerte que quelque chose doit changer dans nos vies, parce que peut-être nos droits sont foulés aux pieds, on nous insulte, on se sert de nous et/ou nos besoins sont négligés. »

Quelques exemples de nos ressentis face à nos parents :
« Je me sens coupable lorsque je fais quelque chose qui les contrarie. »
« Je me sens coupable quand je vais à l’encontre de leurs conseils. »
« Je me sens coupable quand je me mets en colère contre eux. »
« Je me sens coupable quand je refuse de faire ce qu’ils demandent. »
« J’ai peur quand mes parents crient contre moi. »
« Je suis terrifiée à l’idée de blesser mes parents. »
« J’ai peur quand je suis furieux contre mes parents »
« J’ai peur quand je leur dis quelque chose qu’ils ne voudraient pas entendre »
« J’ai peur quand je ne suis pas d’accord avec eux. »
« J’ai peur quand j’essaie de leur tenir tête. »
« Je me sens triste quand mes parents sont malheureux. »
« Je me sens triste quand je n’arrive pas à améliorer leur existence, alors que certaines de mes idées pourraient les aider. »
« Je me sens triste quand ils me montrent à quel point ils me haïssent »
« Je me sens triste quand je fais de la peine à mes parents. »
« Je me sens furieux quand mes parents me critiquent, surtout quand ils le font sans raison. »
« Je suis furieux quand mes parents essaient de me contrôler »
« Je suis furieux quand mes parents me disent comment vivre ma vie »
« Je suis furieux quand ils me disent ce que je dois penser/ressentir, comment me comporter, ce que je dois faire et ne pas faire, comment m’habiller, comment dépenser l’argent que j’ai gagné. »
« Je suis furieux quand ils me rejettent sans raison et me considèrent comme leur ennemi »

Quelques exemples de nos comportements de soumission :
« Je cède souvent à mes parents quels que soient mes sentiments. »
« Il m’arrive souvent de ne rien leur dire de ce que je ressens ou de ce que je pense »
« J’agis comme eux, comme si tout allait bien entre nous, même si ce n’est pas/plus le cas. »
« J’essaie de toutes mes forces de les changer »
« J’essaie de toutes mes forces de leur faire voir et comprendre mon point de vue. »

Quelques exemples de nos comportements agressifs :
« Je me dispute souvent avec mes parents pour leur prouver que j’ai raison. »
« Souvent je crie, je hurle pour me rebeller et/ou me faire entendre par mes parents. »
« J’ai vidé mon sac et j’ai fait sortir mes parents de ma vie » => problème : ils existent toujours dans la tête.

La plupart des enfants de parents maltraitants deviennent très tolérants aux mauvais traitements et savent encaisser et prendre sur eux les agressions qu’ils subissent y compris de personnes étrangères à leur famille.

Nous avons fait une liste de ce que nous avons perdu émotionnellement depuis l’enfance :

  • Perte de bons sentiments à notre égard
  • Perte du sentiment de sécurité
  • Perte de la confiance
  • Perte de la joie
  • Perte des parents respectueux et affectueux
  • Perte de l’enfance
  • Perte de l’innocence
  • Perte de l’amour

Les psychologues nous ont conseillé de faire notre deuil. C’est important pour devenir enfin adultes émotionnellement.
Ces pertes nous les avons ressenties au quotidien. Souvent nous les ignorions voire les supprimions. Pourtant elles nous ont affecté tout le temps.

Cependant, le chagrin a un début, un milieu et une fin. Le processus de deuil provoque choc, colère, incrédulité. Pendant notre deuil nous avons eu l’impression de ne jamais pouvoir nous arrêter de pleurer. Nous avons ressenti beaucoup de honte. Mais les jours passant les larmes se sont taries et la honte s’est envolée. Nous avons le droit de pleurer sur ce que nous avons perdu.

Lynda et Magtebmeiji : « J’enterre ici à jamais mes rêves de famille idéale. Je dépose à jamais mes espoirs et désirs envers mes parents. J’enterre mes rêves sur ce que j’aurais pu faire enfant et adolescent pour les aider et les changer. J’enterre ici tout ce que je pense pouvoir faire pour eux aujourd’hui afin qu’ils soient heureux eux-aussi. J’enterre ici mes rêves de confiance partagée et d’échanges rêvés avec mes parents.
Je sais que jamais je n’aurais de relation comme je le désire avec eux et je pleure cette perte.
Et je l’accepte.
Que mes rêves concernant mes parents reposent en paix. »

Pleurer la perte d’une enfance heureuse n’a rien à voir avec le fait de s’apitoyer sur son sort. Les gens bloqués dans leurs pleurnicheries restent à attendre que quelqu’un d’autre les sorte de là et décide de leur vie. Ils évitent les responsabilités personnelles.

« Le chagrin est actif. Pas passif. » Pendant l’évacuation du chagrin et de la colère, nous avons fait tout notre possible pour nous occuper de manière agréable et faire des activités qui nous plaisent tout en tenant nos parents éloignés pendant le processus.

Magtebmeiji : Est-ce que tu sais que tu n’es pas obligé de répondre au téléphone quand quelqu’un t’appelle ?
Thomas O_o : … Je n’y avais jamais pensé.

Eh oui ! Le réflexe de répondre toujours présent est une plaie de nos jours. Le téléphone peut rester éteint ou loin de nos doigts surtout lorsque nous avons d’autres préoccupations ou d’autres activités. Beaucoup de gens ont le réflexe de répondre immédiatement, mais parfois… laisser un peu de temps passer apporte beaucoup, beaucoup de sérénité.

Nous nous sentons plus sereins et calmes depuis que nous avons accepté le fait que nous ne sommes pas responsables des pertes que nous avons pleuré.

Remettre la responsabilité à sa véritable place ne nous autorise pas à excuser nos propres comportements destructeurs et ne signifie nullement nous délivrer, nous adultes de nos responsabilités.

Notre responsabilité est de jeter un regard honnête sur nos relations avec nos parents, affronter la vérité sur notre enfance, adolescence et trouver le courage de reconnaître le lien entre les événements de notre enfance et ceux de notre vie d’adulte. Nous avons le devoir de trouver et rassembler notre courage d’exprimer nos véritables sentiments, d’affronter et de réduire l’autorité que nos parents exercent sur nous ainsi que de réduire à néant le contrôle qu’ils exercent sur notre vie.

C’est notre responsabilité de changer notre comportement lorsque nous sommes blessants, critiques ou manipulateurs. C’est à nous de demander pardon à ceux que nous avons blessé.

Suite

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