Consultante en SSII : quelle aventure !

 

 

Aaaahhhhh ! l’expérience en SSII. Quelle aventure… 🙂
N’ayez pas peur. Je vais vous raconter mes aventures et vous pourrez ainsi peut-être trouver une solution à vos situations.

REGLE D’OR en SSII : Ne jamais attendre de reconnaissance, de professionnalisme de la part de son employeur ni de ses clients !
Si c’est ce que vous recherchez, évitez les SSII.
J’ai appris la Business Intelligence sur le tas. Je n’avais pas fait d’études pour, alors j’ai dû m’imposer un peu surtout après la signature de contrat avec la première SSII :

1) ALTI
Enfin ex-Alti, car j’ai cru comprendre qu’ils ont été achetés par une société indienne.
J’ai signé mon contrat fin 2007, au moment de la fusion entre alti et aralys. Oui ça a son importance, car les commerciaux, managers, boss ont favorisé les salariés et consultants d’aralys et défavorisé ceux d’alti. Je pense que rares sont les fusion qui se passent bien. Professionnalisme ? Déjà à cette époque ce mot disparaissait en même temps que la reconnaissance du travail fait et bien d’autres choses en plus.

Certains clients, pour en profiter, vont vous dire que le contrat entre la ssii et eux est forfaitaire sur xx heures de travail par jour. Par exemple, un des clients m’a dit que je devais faire 11h par jour de travail effectif. CONSEIL : demandez directement à votre SSII. Le commercial, s’il est honnête, va vous dire ce qu’il en est, sinon demandez à quelqu’un de confiance de la même société que vous. Dans mon cas ce n’était pas vrai. Ils partent du principe que les consultants ne demanderont jamais quoi que ce soit à leur SII. Grosse erreur.

Petite parenthèse : La régle d’or quand vous êtes dans une nouvelle situation, que vous commencez quelque chose de nouveau ou que quelque chose a changé, est de vous renseigner au maximum. Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. Renseignez-vous, lisez les contrats, le règlement intérieur, la convention collective, parlez avec les autres consultants qu’ils soient de la même entreprise que vous ou non. Aujourd’hui c’est encore plus facile, car les documents officiels (convention collective, code du travail, etc) sont sur le web. Si vous prenez le temps de le faire, vous ne vous laisserez ni manipuler ni avoir et au final vous serez bien content d’avoir évité des situations difficiles.

J’ai travaillé environ 2 ans et 6 mois pour eux. J’ai demandé une augmentation et 2 formations.
La formation dont j’avais besoin, demandée en octobre 2008 m’a été fournie en février 2010 ! Aucun respect des promesses faites lors de l’embauche.
NE CROYEZ QUE CE QUI EST ECRIT NOIR SUR BLANC.

Quand la crise a commencé en 2009 ils m’ont dit « tu comprends nous ne pouvons pas t’augmenter pour le moment à cause de la crise » bla bla bla. Irina, à l’époque très gentille, comprend oui… Sauf, quand elle rencontre sur son projet un nouveau jeune salarié, tout juste sorti de l’école, employé par la même SSII en 2010, avec un salaire 1/3 supérieur au sien. Alors Irina, trouvant cela légèrement culotté, redemande une augmentation… restée sans réponse durant plusieurs mois malgré les relances. On m’a fourni la formation pensant sûrement que ça allait me calmer (tiens ronge cet os et lache nous)… mais on m’a bien fait comprendre que jamais je ne serai chef de projet et qu’il n’y avait pas de possibilité pour moi d’évolution sans formations adéquates. Ce discours m’a énervée, car je trouvais que c’était vraiment du foutage de gueule. Les formations n’étaient pas prêtes à m’être données. S’il fallait attendre encore 2 ans pour en avoir une, c’était une perte de temps pour moi. J’ai la chance d’avoir eu un chef de projet femme pendant mon premier emploi, que j’ai copié tellement je la trouvais bien. Puis l’expérience d’assistante chef de projet m’avait beaucoup aidée aussi. Pour moi la formation de manager pouvait attendre. Je voulais voir sur le terrain de quoi j’étais capable.
Bref. J’ai vite compris pourquoi on ne m’augmentait pas. Je devais être une des rares à faire faire des bénéfices monstres à mon cher et tendre commercial. >_<

Sans rien dire à personne, j’ai donc négocié directement avec le client mon départ à 1 mois de préavis au lieu de 3 mois, car j’avais un autre contrat avec une autre SSII.

Et j’ai appelé le commercial pour lui annoncer la nouvelle. Sa réponse directe est encore vive dans ma mémoire :
« Tu ne peux pas faire ça. Tu as 3 mois de préavis. Si tu pars nous irons aux prud’hommes. »
Ma réponse a aussi été brutale. J’ai craqué : Mwaha Ha ha ha. Tu crois vraiment me faire peur avec ça? J’en peux plus. VAS-Y. Fais-le. On va aux prud’hommes !
Et j’ai raccroché.

Question : faut-il avoir peur de la menace “aller aux prud’hommes” ?

Tout dépend de vos propres actions pendant le contrat. Je vous conseille de garder tous les échanges de mails même ceux que vous considérez insignifiants. Transférez les sur votre boite mail personnelle au fur et à mesure du temps et imprimez les au format pdf si possible. Ils constituent aux prud’hommes une preuve de ce qui s’est dit, voire passé. Je n’en ai pas eu peur pour 2 raisons : J’avais déjà l’expérience de la justice française. 😦  Et j’avais gardé tout l’historique des mails des 2 ans sans parler que trouver un avocat est facile grâce à internet aujourd’hui.

De toutes manières, si vous vous retrouvez menacés d’action en justice par qui que ce soit restez zen, ne paniquez pas. La justice fonctionne rarement vite et rarement bien (dans le bon sens et avec du bon sens je veux dire). Il y a tellement de failles dans le système, la plupart des lois se contredisant les unes les autres. Et il faut savoir que ça coûte beaucoup aux employeurs. Les avocats la plupart du temps facturent les sociétés de manière exponentielle.

Le chef de ce commercial m’a appelé 2h plus tard pour valider ma démission et s’excuser du comportement du commercial. Il a retiré la menace de prud’hommes. 🙂 je n’ai fait qu’un mois de préavis pour arriver chez…

2) SOFTCOMPUTING
Poste : chef de projet avec avantages et tout ce qui suit comme ordinateur portable dernier cri, blackberry, etc.
Réalité : “Tu es en intercontrat. Peux-tu mettre à jour le qcm d’informatica et former des personnes dessus?”
Oui, pourquoi pas? J’ai installé, dépanné, refait les documents. Je me suis même auto-formée à Datastage… pour me faire virer 3 semaines plus tard… O_o

Revenons à la source.
Je suis allée chez le coiffeur la première semaine. Le lendemain la première remarque qu’une femme m’a fait : “Ce que tu fais jeune! Tu es sure d’avoir 30 ans?” => 29 ans 5 mois et 3 jours -_-”’. J’aurais du lui répondre ça, mais j’ai simplement dit merci et j’ai souri.
Première erreur dans une boite “fermée” et familiale. Il ne faut pas être plus belle, plus jeune, plus mince que celles qui sont déjà là. 😉
J’ai déjeuné avec les autres consultants présents. Nous avons bien rigolé et nous nous sommes bien amusés. => seul point positif à mes yeux.

Un commercial est passé en coup de vent un jour me dire qu’il me contacterait dans la semaine pour une mission. J’ai souris et j’ai dit que j’attendais l’offre. Fin de semaine, toujours pas d’entretien à l’horizon. Paroles, paroles, paroles dans le vide intersidéral.

La semaine suivante j’avais la visite médicale. La personne de la RH m’avait dit “Tu y vas et après tu peux rentrer chez toi. Le rendez-vous étant à 15h30 à 30 minutes du siège, ce n’est pas la peine de revenir.”
Bip erreur. n’écoutez jamais ces douces paroles. Revenez sur votre lieu de travail malgré toute votre envie de rentrer.

En France, il faut faire acte de présence. Oui je vous l’accorde c’est stupide. Seule la qualité de notre travail devrait compter. Mais aujourd’hui on s’en fout de la qualité. C’est la quantité qui est suivie de très près. On ne vous demande pas de réfléchir, de penser, d’analyser. On vous demande d’être visible et d’exécuter les ordres quels qu’ils soient, même si ça va à l’encontre du bien de l’entreprise.

Je suis partie à 15h00 à la visite médicale que j’ai passé avec succès et je suis rentrée chez moi.
La dernière semaine, je me souviens c’était par un jeudi matin. Le directeur du pole informatique avait demandé à me voir.
– Nous souhaitons mettre fin à notre collaboration.
– Pourquoi? (Irina les yeux grands ouverts étonnée)
– Vous partez à 15h00 sans rien dire à personne.
– Quel jour? (attention ma fille tu es surveillée dans tes moindres faits et gestes. wouhlala)
– Ce Mercredi.
– Ah. C’était la visite médicale. Veuillez voir avec la RH.
– Le rendez-vous avec le client s’est mal passé.
– Le client? Lequel? encore aurait-il fallu que j’en rencontre un pour que ça se passe mal, n’est-ce pas?
– La préparation avec le commercial s’est mal passée.
– Un Commercial? parce qu’il y en a? où ça? quand ça? Lequel? C’est vrai j’en ai vu un en coup de vent l’autre jour pendant même pas 30 secondes, c’est tout.
– Alors ça se passe mal avec les collaborateurs.
Morte De Rire. Enfin pas sur le coup, mais après. J’ai arrêté là tellement ça semblait monté de toutes pièces. Je ne me suis pas remise en question. Il n’y avait pas d’analyse à faire face à ces mensonges.
Dites-le, vous avez besoin d’un bouc émissaire. Franchement même pas capable de donner une raison valable. Je suis partie de suite. J’ai pris mes fichiers en cours avec moi. Ceux que j’avais terminé je les ai laissés, mais il était hors de question que les autres restent là-bas après un tel traitement. Je n’aime pas les menteurs. Et dire qu’en période d’essai ils ne sont même pas obligés de donner une raison pour rompre le contrat. Il suffit qu’ils disent qu’ils veulent que ça s’arrête, qu’ils donnent les 2 jours de préavis et bye bye. Pas besoin de justification. Quel dommage qu’il n’ait pas été au courant celui-là.

Si vous êtes virés ne paniquez pas. Demander une raison est judicieux pour voir s’ils inventent ou si vraiment vous devez vous remettre en question. Je suis partie encore plus résolue de trouver une mission en tant que chef de projet. But que j’ai réalisé en cherchant non pas une ssii mais un poste de chef de projet. Trouvé chez Segula.

3) SEGULA
Je voulais vraiment une mission de chef de projet et en un mois j’ai trouvé celle chez ALD AUTOMOTIVE sans faire une formation supplémentaire, sans passer de tests et sans examens. Quand je me suis présentée pour la mission je me suis retrouvée face à un bon commercial. Pas un de ceux qui disent amen à tout ce que le client veut mais un des rares qui savent réfléchir par eux-mêmes et avoir du bon sens.
Autant par le passé c’étaient les SSII qui posaient problème, autant là j’allais apprendre à être diplomate et à gérer un client difficile. Le premier et le moindre car le dernier en date fut bien pire. Je ne citerai pas de noms. Pas la peine de demander. 😉

Faire des heures supplémentaires? Rayez ces mots de votre vocabulaire. En 8h, à moins que vous ayez des problèmes neurologiques et psychologiques, vous êtes capables de faire le travail demandé même avec des pauses café et la pause déjeuner. Réorganisez-vous. Et si vous n’y arrivez pas demandez-vous : qu’est-ce qui vous empêche d’avancer? Cela peut être un chef trop présent, qui vient vous voir toutes les 5 secondes vous demander quelque chose. Un/une collègue de travail trop zélé/e.

Bloquez l’extérieur pour avancer le travail qu’on vous demande. Ce n’est pas évident. Mais en persistant vous y arriverez. Vous verrez le bien fou que cela fait de partir à 18h maximum pour avoir du temps pour soi ou pour sa famille. 🙂

Et surtout quand on vient vous voir après 16h30 pour faire un truc super méga rapide de 5-10 minutes, mais qui au final va quand même vous prendre 3-4h, demandez un mail (garder une trace écrite quel que soit votre âge et votre position, est toujours bon, surtout si ça interfère avec votre planning de travail), dites que vous devez déjà finir un truc. Sans le dire, vous remettez ce point à demain ainsi que toutes les autres demandes qui suivent.

J’entends d’ici une voix demander “comment on fait quand on a des problèmes de production”? Deux cas. Soit vous faites partie du service de production. Normalement vous devez donc être au minimum 2 pour gérer (si ce n’est pas le cas vous êtes un être humain avant tout, pas une machine. vous avez le droit de vous reposer si vous avez travaillé toute la journée.) et faites des tours. Par exemple, un jour sur 2 ou une semaine sur 2 chacun s’y colle. Si en vacances, on modifie les tours de rôle pour qu’aucun ne soit lésé.
Si maintenant vous travaillez hors support de production, une fois de temps en temps ça peut arriver. Donc oui, je conseille de rester gérer le problème de production. De temps en temps ne veut pas dire tous les jours ni toutes les semaines. Si c’est récurrent, réglez le problème une fois pour toutes. Si vous ne pouvez pas, vous n’êtes pas le seul ou la seule à savoir corriger ce problème. Non non je vous assure. Vous n’êtes pas les seuls. D’autres autour de vous savent s’en occuper aussi, mais souvent ils ne veulent pas. Ils sont plus malins et ne le disent pas pour pouvoir se barrer en douce s’occuper de leurs affaires. 🙂 A vous de les débusquer. lol

Sachez passer la main. Ne vous rendez pas indispensable. Les gens indispensables tombent souvent malades et vieillissent avant l’heure, voire meurent très jeunes. Une copine m’avait dit un jour “Le cimetière est rempli de gens indispensables. je ne tiens pas à le devenir.” Plus tard, j’ai compris le sens de ces mots.

Les gens qui s’ennuient et inventent des choses comme gérer des équipes à distance, mettre des openspace, appliquer des organisations comme lean, devraient les tester sur eux avant de les faire appliquer de force aux autres salariés. Là où je suis morte de rire c’est d’avoir vu un article sorti en France disant que les openspace étaient néfastes à la productivité. Il suffisait de réfléchir un peu, avec du bon sens, pour le comprendre avant de le mettre en place. Mais à l’époque on voulait surveiller les salariés. C’est bête, hein? car il y avait d’autres moyens pour cela.

Revenons à cette expérience mémorable de chef de projet. Gérer des Indiens à distance… waaahhh! Il n’y a qu’en France où on a de si bonnes idées ou c’est pareil partout dans le monde? déjà gérer une équipe sur place est souvent difficile, mais à distance… c’est de la folie. Pour moi c’était juste un test pour voir ce que je devais apprendre et améliorer en tant que chef de projet/manager.
Une fois l’équipe prise en main, les horaires adaptés pour être là en même temps qu’eux, les problèmes commencent. Une jalouse crie sur les toits quand je ne suis pas là qu’Irina ne fait rien de sa journée. Mais Irina fait la sourde oreille car elle n’a pas de comptes à lui rendre. Elle ne répond pas.

Pourtant durant la journée elle entend bien les préoccupations de cette chef de projet (joies de l’openspace): construire une maison sur plans, aller chez le vétérinaire pour le chien, crises de couple, etc… en fait, les openspace me soûlent. Je n’ai que faire des détails privés de cette personne… Ah? Tiens… Elle a une histoire très intime avec le manager du pole informatique? Ah! tout s’explique :p
Le silence est d’or et de lumière. Je crois d’ailleurs que c’était le titre d’un livre que j’ai lu adolescente. Toujours est-il que je préfère être celle qui rit à la fin. 😉

Nous avions un projet à mettre en place impactant toutes les applications du système et devant rapporter un paquet de fric. La deadline était fin novembre. J’ai mis le paquet avec mon équipe sacrifiant soirées, weekends et jours fériés pour tenir les délais. Nous étions prêts à livrer en production avec un jour de retard. La motivation de mon équipe? Les vacances que j’ai décidé de leur accorder en décembre s’ils mettaient le paquet pour finir en temps et en heure.

L’équipe de la jalouse n’avait même pas commencé à développer ou tester quoi que ce soit quand je suis rentrée de ma semaine de congés le 8 décembre. Le client ose me dire “en pleins tests, vous accordez des congés et vous partez vous même vous reposer. Il n’y a que Irina pour faire ça. Ha ha ha.”

D’habitude je souris mais là j’avais une équipe à défendre. Je ne suis pas partie de manière irresponsable. J’avais tout prévu et j’étais joignable par mon équipe uniquement. Nous avions fait tous les cas de tests et nous avions mis tout en place. Nous étions prêts à livrer. J’ai demandé quels étaient les tests supplémentaires à effectuer qui n’ont pas pu être faits pendant mon absence. Quelles évolutions impactaient le système pendant mon absence? … Silence autour de moi… Oh tiens ! le tableau blanc est devenu tout à coup plus intéressant pour mon client que moi… no comment.

Ne jamais montrer à un client à quel point vous êtes efficace. je trouve ça débile aussi, car nous sommes sensés travailler ensemble pour le bien de la société. Mais non. En France, on aime se tirer dans les pattes et se faire la guerre à l’intérieur du même service ou entre les services. Pfff ils n’ont pas compris que lorsqu’il y a guerre tout le monde est perdant. Il n’y a pas de gagnant. é_è
Bref il n’a pas aimé que nous soyons à l’heure. Le moment où tout à débordé et que j’ai vraiment perdu patience fut lorsqu’il a voulu mettre une astreinte le 1er janvier et lorsqu’il m’a accusé de choses inventés de nulle part sûrement soufflés par la jalouse entre 2 parties de jambes en l’air ^_-.

C’était juste avant Noel. J’ai pris Noel pour réfléchir à ce que je voulais faire et j’ai décidé de partir. J’ai appelé ma nouvelle commerciale qui faisait tout ce que le client demandait (notamment accepter l’astreinte du 1er janvier) pour lui dire que je partais sous 48h. Le préavis en période d’essai était de 2 jours travaillés.
– Vous ne pouvez pas partir comme ça. Personne n’est là pour signer votre lettre de démission. Pouvez-vous patienter jusqu’au 05 janvier?
– è_é. … oui. Mais à vos risques et périls car si j’entends encore des choses fausses, cette fois je ne me retiendrai pas.
– D’accord. J’avertis le client.
J’ai écrit la lettre de démission le lundi suivant, imprimée et signée. Ce jour là, après avoir fini mon travail j’ai fait le ménage, transféré mes mails chez moi, nettoyé mon bureau, récupéré toutes mes affaires. Je ne sais même pas pourquoi mais je l’ai fait. Et heureusement car je me souviendrai toujours de cette journée. J’allais partir en disant au revoir à tout le monde comme d’habitude, quand le client m’arrête et me demande si c’est vrai que je démissionnais. Je confirme.
– Mais vous avez 3 mois de préavis.
– Ah non. pas en période d’essai. C’est 2 jours de préavis dans mon cas.
Heureusement que j’avais demandé le prolongement de ma période d’essai juste avant le changement de commercial, sinon j’en aurais eu pour 3 mois.
– Bien bien. A demain.
Les hommes comme les femmes souvent sont faux culs. La suite le prouve.

Je suis directement allée à la ssii déposer la lettre de démission contre un reçu signé à l’accueil. Après être rentrée chez moi je reçois un coup de fil de la part de cette chère commerciale :
– Ce n’est pas la peine de retourner demain dans l’entreprise. Le client a bloqué votre badge. Il descendra vos affaires à l’accueil pour que vous les récupéreriez demain.
– (irina morte de rire. avec le recul j’aurais du le laisser chercher mes affaires et m’attendre toute la journée que je passe à l’accueil lol) Je n’ai rien à récupérer. Merci.
– Pouvez vous venir demain pour que je signe votre lettre de démission et vous remette le solde de votre compte?
– Bien sur.
Tiens tiens. je croyais que personne n’était disponible pour signer les papiers… :p

Dommage. la mission était intéressante. Il y avait plein de choses à faire. Mais le coeur du système était fragile et le manager trop novice ou égocentrique pour le comprendre ou pour s’y intéresser. Tant pis. Je me suis même demandé si son but ultime n’était pas de faire échouer le projet.
Si ce que les sociétés mettent en place n’est pas entretenu ça ne sert à rien. L’investissement est perdu de toutes façons.
J’ai continué à chercher un boulot, pas forcément chef de projet, pour tomber sur une société qui déchire trop… Values Associates.

4) VALUES ASSOCIATES:
Je ne sais pas vous mais quand je vais en entretien je m’habille en tailleur pantalon ou avec une jupe, des chaussures de ville (pas de baskets) et une veste comme il faut pas déchirée, délavée ou autre. La plupart du temps je me maquille. J’ai un défaut: je ne peux pas porter des talons aiguille. Donc toutes mes chaussures ont des semelles plates
J’ai réussi l’entretien. On m’a promis plein de choses comme d’habitude, mais rien n’est écrit noir sur blanc. Du coup je suis restée sceptique. On m’a bien fait comprendre que je devais m’habiller mieux que ça. Hmmm. Ok.
J’ai demandé conseil à ma mère qui s’habille toujours très class pour aller travailler et nous avons fait quelques boutiques.
Chez Values Associates on travaille sur ordinateur portable et avec un blackberry… ça me semble trop familier… ah oui! softcomputing. :p

Je devais faire les documents de formation Talend. Ecrire des documents que personne ne veut faire, pour me faire virer ensuite commençait à bien faire. lol
Je suis restée pour voir jusqu’où cela pouvait aller. Autant la première fois que la ssii a voulu arrêter le contrat en période d’essai m’avait surprise et prise de court, autant là j’attendais patiemment de voir comment cela allait se passer.

Identique à Softcomputing, je n’ai passé aucun entretien. Et 3 semaines plus tard on me licenciait pour : “vous n’êtes pas présentable à nos clients.
Irina : C’est à dire? Vous comprendrez que j’attends que vous développiez votre point de vue puisque je cherche à m’améliorer.
– Votre tenue ne correspond pas. Vous ne portez pas de talons aiguilles.
– Durant l’entretien vous n’avez pas dit que la tenue obligatoire pour les femmes étaient mini-jupe et talons aiguille. Si cela avait été le cas, je vous aurais dit dès le début que physiquement je ne suis pas capable de satisfaire vos exigences.”
D’ailleurs, il me semble que c’est un motif discriminatoire de licenciement ce qui est interdit par la loi. (problème, la preuve que j’avais pour le prouver était illégale. Donc je ne pouvais pas la présenter devant une cour de justice.)

J’ai été contente d’être libérée d’un tel poids. Mes compétences mentales ne dépendent pas de mon physique, heureusement. Je n’ai aucune envie de travailler pour une boite qui fait passer l’apparence avant l’intellect. Même si l’apparence est quand même importante, tout miser dessus n’est pas professionnel à mes yeux.
De plus, il parait que la boite n’est pas si légale que ça. Je ne peux rien dire de plus de ce que j’ai vu et entendu. Je n’ai aucune preuve matérielle. Et c’est bien pour ça que ce genre de société en profite un max du système français. Néanmoins le coup de la tenue vestimentaire je l’ai signalé aux chasseurs de tête qui travaillaient pour eux. Est-ce que ça sert à quelque chose? Je ne crois pas, mais rester silencieux ne sert à rien non plus. Je n’avais rien à perdre à leur dire ce qui s’est réellement passé.
Et me voilà partie dans une grande aventure en tant que consultant décisionnel à la banque BNP CIB.

5) BNP CIB
L’occasion de travailler ici m’a été donnée par le commercial que j’avais rencontré chez Segula.

Malgré tout ce qui s’est passé je le remercie vraiment. L’expérience a été unique et aujourd’hui j’en souris beaucoup.

Cela faisait plus de 2 ans que je voulais y mettre les pieds pour monter en compétences fonctionnelles. Quelle ne fut ma déception, quand 1 an et demi après je n’avais toujours pas progressé.  A chaque entretien pour faire le point sur ma mission je demandais les documents, l’opportunité, les personnes à contacter. La réponse était toujours “oui ça va bientôt se faire”. J’aurais dû demander la précision du “bientôt”. Parce que si bientôt était  dans un délai de 5 ans… Irina ne serait plus là.

Au début j’avais un chef de projet dynamique, un peu trop zélé parfois, mais avec qui je discutais et avec qui je m’entendais plutôt bien. Après la mise en place de Lean il y a eu une réorganisation… Mon client qui était le n+2 est devenu mon chef de projet donc mon n+1. 2 mois plus tard la situation se dégradait sérieusement.
Cela a commencé le jour où il m’a attaqué en plein openspace, me criant dessus: “quoi tu ne sais pas faire ça? tu es incompétente!” je me suis retenue de lui jeter ce que j’ai pensé au visage et je suis sortie prendre l’air afin de me calmer les nerfs.

Oui j’ose dire que je ne sais pas faire telle ou telle chose. Sinon, comment apprendre et évoluer ?

Une autre fois, j’ai quitté la réunion sans y retourner et sans un regard en arrière.
J’ai appris ensuite qu’il ne pouvait pas du tout travailler avec des femmes. Ben oui nous tombons enceintes, nous sommes fragiles, etc.
A partir de ce moment-là, j’ai arrêté de sourire quand il me parlait. Et comme pour lui tout allait bien dans tous les projets tout le temps, je ne disais plus rien. Je répondais toujours succinctement à ses questions. Les réponses les plus courtes sont souvent les meilleures.

NE PAS SE PRENDRE LA TÊTE est une autre règle à retenir.

Si le client vous demande de faire des mails incendiaires, je vous le déconseille. La diplomatie est la meilleure arme. Les asiatiques le disent eux-mêmes.”On obtient beaucoup plus avec le sourire qu’avec la force”. Franchement je ne m’en suis jamais mêlée.
Une fois, le client est intervenu pour descendre en flèche le meilleur développeur indien de java que nous avions à notre disposition. Ensuite, mes demandes ont été ignorées par les indiens, ce que j’ai parfaitement compris. J’aurais fait de même à leur place. Par la suite, chaque fois que le client me demandait d’envoyer des mails aux indiens ou de les appeler pour le projet, je hochais la tête mais je ne faisais rien. Généralement il finissait par le faire lui-même sans rien dire. Encore heureux. 🙂

J’ai forcé la main à mon commercial de me sortir de là. J’avais décidé de quitter la France pendant 2 mois. J’avais besoin de me retrouver et surtout d’être entouré par des gens plus optimistes et “gentils” que des malotrus de ce genre-là.

Et me voilà de nouveau à la recherche d’une mission. Faire confiance? C’est quoi ce mot? J’ai oublié sa définition.

6) Associés de LOGWARE
Dans quel nid de vipères je suis entrée? C’est la première question que je me suis posée. Ok je n’étais pas logware en fait. J’étais avec la société qui s’est associée à LOGWARE. Mais n’empêche que le travail des uns dépendait du travail des autres.

Initialement, je ne voulais pas signer le contrat. Ma règle au fil des ans est devenue “vous avez une mission? nous passons l’entretien et si le client accepte mon profil nous signons.” La plupart me disent : tu agis comme une indépendante. Pourquoi tu ne le deviens pas?
Parce que c’est trop compliqué pour mon cerveau. 😉

Ici, j’ai donné des formations Informatica. Et en échange j’ai reçu une formation de chef de projet (enfin :)).
“Ne t’inquiète pas nous allons te trouver une mission. Nous recherchons 8-10 consultants informatica.” La personne qui m’a recrutée m’a vraiment mise en confiance et surtout c’est quelqu’un avec qui j’aurais eu plaisir de travailler.

Mais son associé et la boite LOGWARE m’ont refroidie largement. Intuitivement, j’avais envie de fuir dès la signature du contrat. Finalement je suis contente de ne pas avoir eu de mission. Cela m’a permis de sortir du cycle SSII.

Pour le moment l’aventure avec les SSII s’arrête là. Dommage de ne plus pouvoir travailler avec le métier, rencontrer des personnes intéressantes autant consultantes qu’internes. Malheureusement, travailler avec le métier se raréfie et c’est toujours épuisant de devoir se battre pour obtenir les bonnes informations. Pour un développeur, quel qu’il soit, bien comprendre le métier est important. Mais les têtes bien pensantes de nos systèmes s’en moquent royalement. Le consulting est fini pour moi pour le moment. 🙂

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