Maud

D’habitude, Maud maîtrisait qui tuait qui et pourquoi dans son service parce que c’était elle qui le décidait en écrivant les histoires le soir avant d’aller se coucher après les avoir imaginées toute la journée. Mais là, c’était le grand mystère. Les journalistes avaient pris sa place. Tous écrivaient mille textes racontant cette histoire alors qu’ils ne savaient rien. Elle les avait lus, étonnée qu’ils en ignorent autant.

Mais alors que c’était-il passé ? Qui allait être derrière tous ces événements ? Peut-être Bertrand, qui avait une grande haine connue derrière son hypocrisie, ou Cayla qui malgré ses beaux sourires pouvait faire beaucoup de mauvaises crasses, ou Henriette qui avec son sérieux on lui donnerait le bon dieu sans confession, ou les autres ?

Maud pouvait lister ainsi tous les membres de son bureau et ils étaient nombreux. Mais elle les connaissait depuis si longtemps. Non, il ne fallait pas commencer par regarder par eux. Qu’est-ce qui avait récemment fait tout changer ? Elle se posait cette question en marchant lentement sous la pluie et dans les feuilles mortes de cette saison automnale.

L’arrivée de Dimitri bouscula tout. Il lui plu dès la première seconde : il était jeune (de la même génération qu’elle) et une barbe de soixante-huitard (avec la coupe de cheveux qui allait avec) des pantalons moulants ses jambes maigres et un skate-board qu’il cachait sous son bureau durant sa journée de travail. Il apprenait vite et bien. Tout le monde aussi semblait l’apprécier les premiers jours de son arrivée. Surtout la chef, qui dès le jour de l’entretien d’embauche rougissait à sa vue.

L’entretien d’embauche. Le début, peut-être, de l’histoire de Dimitri dans le service. La gracieuse DRH le mena jusqu’au bureau de Mme Pellen. Maud, derrière son ordinateur, observa la scène : Il était étrangement vêtu pour entrer dans l’entreprise, mais on le conduisit tout de même, jusqu’à la chef de service.

Maud revenait de la photocopieuse lorsqu’il sortit de son entretien tout sourire. Les salutations polies faites, elle s’assit rapidement et timidement. Il avait un beau sourire derrière tous ces poils. Il devait être charmant car lorsque Mme Pellen revint, après l’avoir accompagné à la sortie, avait des yeux et des joues d’amoureuse. Elle échangea avec Henriette pendant longtemps répétant sans cesse à quel point il était agréable, drôle et surprenant.

« Étrange pour une femme proche de la retraite, elle a une attitude d’adolescente fan d’un chanteur », pensa Maud bien qu’elle fut consciente que sa pensée était exagérée. Après tout ce n’était qu’un exemple type d’un employeur comblé par son futur employé après un entretien. En plus, Henriette était aussi connue pour aimer faire tirer les vers du nez de sa chef pour avoir quelque chose de plus à raconter à Radio Moquette™ : « La Radio qui raconte tous les ragots que tout le monde veut entendre. »

Maud marchait lentement, elle n’était pas pressée d’arriver même si profondément curieuse. Elle voulait profiter de l’air frais et de la pluie qui se calmait pour songer à l’arrivée de Dimitri.

Les jours passèrent, elle l’oublia. Puis un jour, il vint s’asseoir au bureau qui était vide. Maud, en panne d’inspiration, l’observa. Tout de suite, on le prit en charge pour sa formation. Il apprenait consciencieusement son travail et quand il pouvait, il tentait l’expérience. Sans dire de mot en trop il écoutait sagement et rapidement, il comprit son métier. Avec le temps, elle remarqua aussi qu’il était toujours à l’heure le matin en arrivant, toujours à l’heure le soir en partant. Il n’avait jamais une ou plus d’une seconde d’avance, jamais une ou plus d’une seconde de retard.

Maud avait été sceptique du choix de sa responsable, mais finalement il semblait travailler correctement et s’intégrer dans l’équipe. Même le Bertrand, dans les premiers jours, ne l’avait pas encore critiqué derrière son dos. Cependant, Maud se demandait jusqu’à quel point les joues rougissantes de Mme Pellen à chaque fois qu’elle le voyait influençaient cette bonne entente. Mais est-ce que cela pouvait-il durer longtemps ? Les événements prouvèrent que non.

Maud était soulagée de voir sa route se terminer, elle espérait, que peut-être on lui donnera la solution à ses questionnements. Discrètement, elle franchit la foule de personnes qui attendaient dehors et poussa la porte pour se présenter au policier et s’asseoir.

Elle était là assise dans la salle d’attente du commissariat. Comme dans toute administration, il fallait attendre son tour. Alors, elle attendait au milieu de l’agitation normale de ce genre de lieu, en se demandant qu’est-ce qu’on allait lui demander ? Heureusement, qu’elle était absente ce jour là, au moins on ne pourra pas l’accuser.

La porte d’entrée s’ouvrit, Maud pensa voir entrer un inconnu, mais à sa grande surprise elle vit Bertrand. Sa bouche eut du mal à se fermer. Il s’assit à l’autre bout de la pièce sans un regard. Dans une attitude dédaigneuse il croisa ses jambes et leva le menton avec une main sur le front. Il exagérait tellement, que Maud souriait en pensant à lui.

Durant ses journées, elle aimait les observer travailler en chahutant. Ils ne savaient rien faire d’autre que de parler fort pour ne rien dire, surtout Bertrand. Il fallait que tout le monde le regarde, que tout le monde l’admire, que tout le monde l’aime. C’était lui qui décidait qui on aimait, qui on détestait, même si on appréciait cette personne fort aimable on devait la saquer s’il la critiquait. Elle savait qu’il aimait contrôler les sentiments que son entourage avait pour les autres et elle se rendit compte comme une évidence qu’il n’acceptait pas de voir la chef apprécier Dimitri alors qu’il lui était insupportable. Le plus gros problème de Bertrand c’était de voir Dimitri savoir toujours bien se comporter envers tout le monde, avoir toujours la parole juste au bon moment, comprendre vite son nouveau métier et devenir très vite autonome pour le plus grand plaisir des collègues, surtout d’Henriette.

Alors, Maud a vite compris la jalousie naissante, discrète mais qui allait devenir obstinée et violente de Bertrand. Effectivement, très vite, en son absence, Dimitri devenait le centre de conversation pour faire remarquer tous les défauts qu’il n’avait pas. Heureusement, l’hypocrisie était maître dans ce service et Dimitri ne le comprit pas et travailla sereinement sans se rendre compte de la montagne de rumeur qui se faisait sur son dos. Du moins, c’était ce que comprit Maud.

Comme l’attente durait, Maud commençait à s’ennuyer. Elle avait été maligne pour apporter son ouvrage de frivolité du moment. Un napperon en dentelle. Elle le sortit de son sac. Sa navette bougeait avec vivacité entre ses doigts pour fabriquer son ouvrage. Elle avait à peine commencé qu’entrèrent Cayla et Henriette. Pourquoi étaient-elles venues ensemble ? Cayla avait l’air de tirer vers l’intérieur de la pièce sa collègue. Elles s’assirent non loin de Bertrand en silence. Henriette qui semblait subir ce déplacement soupirait fortement et fusillait du regard tout ce qu’elle regardait. Maud pensa y échapper car on évitait de savoir qu’elle était là, mais Henriette trouva tout de même le moyen de la fusiller avec ses yeux noirs.

Maud était stupéfaite. Eux qui étaient si fiers de leur entente, leur solidarité, leur union, et même de leur amitié, n’osaient à peine s’observer que du coin de l’œil. Ils étaient là, assis en silence et semblaient seuls, visiblement inquiets de la suite des événements. Maud ne comprit pas pourquoi ils n’avaient pas pris de quoi s’occuper : c’est bien connu que dans les administrations françaises on attend, alors il faut apporter de quoi s’occuper !

Tout en les observant discrètement, Maud reprit le fil de ses pensées.

Cayla, la première, se prit au jeu de la critique. Elle fut d’accord avec Bertrand de l’incompétence de Dimitri. Avec le temps, il y eu beaucoup de tensions avec elle : en suivant tellement aveuglément l’opinion de Bertrand qu’elle n’aimait pas Dimitri sans même avoir fait l’effort de le connaître. Alors, voir les privilèges que Mme Pellen accordait à Dimitri à longueur de journée l’agaçait profondément. Comme elle avait de longues rancunes envers Mme Pellen, suivre les ragots et obéir à Bertrand lui convenait. Ainsi, elle pouvait agir sans qu’on se rende compte qu’elle se vengeait pour ses propres raisons. Mais Maud comprenait bien son jeu à l’entendre râler sans cesse à propos de sa surcharge de travail. Effectivement, elle avait un métier entre ses pauses cigarettes, ses appels importants à son mari et sa fille et ses cris au scandale qu’elle avait trop de travail. Maud souriait depuis son bureau car en soutenant Bertrand elle s’était ajouté une tâche : celle de râler contre Dimitri demandait du temps et elle ne comprenait pas pourquoi Mme Pellen lui avait ajouté du travail !

Ensuite, très vite, se mêla la discrète Henriette car elle aimait tout savoir. Au début, elle qui travaillait avec Dimitri, elle en pensait que du bien, lui qui faisait si bien les choses après les avoir comprises si vite. Mais à force d’écouter sans oser contredire, car personne ne contredit le beau Bertrand, elle finit par se demander s’il n’y avait pas un fond de vérité et finit par penser comme eux ne serait-ce que pour être sûre de rester leur amie. Puis, il y avait un détail qui l’agaçait, sans la présence de Bertrand, c’était le favoritisme qu’accordait Mme Pellen avec outrecuidance envers Dimitri. Alors qu’elle travaillait si dur, sans rien demander, sans rien avoir comme récompense. C’est pourquoi, elle se laissa aussi facilement convaincre que Dimitri n’était pas aussi bien qu’il en avait l’air. Et ça Maud s’en rendait bien compte.

Sa navette glissait sur le fil comme il le fallait, mais perdue dans ses pensées Maud fit quelques nœuds de trop et dut défaire les derniers points de son ouvrage. C’est à ce moment-là que Roderic poussa la porte d’entrée. Lui vint s’asseoir non loin d’elle. Il préféra baisser la tête pour n’avoir à parler à personne. Maud ne comprenait pas pourquoi la police avait-elle voulu le convoquer ?

Maud et Roderic étaient les seuls du service à refuser d’entrer dans le jeu de Radio Moquette™. Roderic sut écouter et apprécier la compagnie de Dimitri. Ils avaient pris l’habitude de prendre toutes leurs pauses ensemble, celles du déjeuner, comme celles de la cigarette.

Elle reprenait son ouvrage comme il se devait. La salle d’attente était comme depuis le début bruyante avec la foule qui avait des choses à régler et qui empêchait Maud de voir ses collègues de travail. Elle pensa à Dimitri.

Le soir, Dimitri prenait le temps de lui expliquer l’art de rouler avec un skate-board dans les rues parisiennes ou de discuter sur d’autres thèmes. En effet, son manteau était accroché au porte-manteaux en face du bureau de Maud. Durant ces moment-là, il n’y avait qu’elle pour croire qu’elle était seule avec lui. Et pourtant d’autres du service les écoutaient.

De temps en temps, pour sa plus grande joie, Dimitri lui proposait de faire un bout de chemin avec elle pour rentrer chez lui. Maud sentait bien que Mme Pellen les fusillaient du regard quand elle les voyait partir ensemble.

Ils faisaient ce trajet ensemble, bien que pour le plus grand secret de tous elle rallongeait un peu sa route pour le plaisir de rester un peu plus longtemps avec lui. Elle appréciait ces moments là pour mieux le connaître. Tous les soirs, elle prenait ce chemin dans l’espoir de le voir, puis rentrait chez elle avec ses blocs notes.

Le commun des mortels l’aurait cru amoureuse. Mais en réalité, si elle l’observait de plus près, surtout le soir lorsqu’elle rentrait chez elle par le train, c’était pour écrire ardemment dans son bloc notes. Une histoire intense semblait naître. Dans ces périodes il ne fallait pas la déranger. Elle ne pouvait que travailler (faut bien payer ses factures) et écrire. La seule chose qu’elle faisait en plus c’était d’observer et tenter de passer plus de temps avec ceux qui inspiraient ses personnages.

Elle avait noté que Dimitri semblait apprécier son équipe, il mangeait avec le jeune Roderic et rentrait de temps à autre avec elle. Il tentait aussi de plaisanter avec Henriette, tout en riant ostensiblement aux blagues de Bertrand. Ainsi, lui s’intéressait à tout le monde.

La vie au travail semblait paisible, ou presque, tout le monde semblait avoir ses habitudes. Les histoires avec Bertrand, n’étaient que des histoires entre collègues de travail. D’ailleurs Mme Pellen, qui en temps normal écoutait religieusement l’émission de Radio Moquette™ de Cayla et Bertrand, dans le cas de Dimitri faisait la sourde oreille.

Mme Pellen était si éblouie par le grand talent quotidien de Dimitri, qui en réalité ne valait guère mieux que celui de ses collègues, qu’aucun travail de dénigrement n’arrivait à la faire changer d’avis. Tous les jours, elle l’accueillait avec un sourire allant d’une oreille à l’autre, avec des félicitations du travail de la veille, avec des plaisanteries entendues à la radio ou à la télévision et avec une invitation à prendre un café à la machine qu’il acceptait ou refusait selon son humeur.

Durant la journée, Mme Pellen avait une attention particulière envers Dimitri à en devenir presque étouffante. Elle se débrouillait pour qu’il ait moins de travail que les autres. Maud entendait ses collègues, surtout Henriette qui d’habitude était silencieuse, se plaindre que la chef leur donnait plus à faire qu’à Dimitri.

Maud sentait bien la colère qu’ils tentaient de contenir car la jalousie de ses collègues devenait si violente que par politesse ils utilisaient leur outil préféré qui est l’hypocrisie.

Elle savait que Dimitri n’appréciait pas. Les derniers jours les bruits de couloirs qu’il avait entendus étaient terribles, Radio Moquette™ se faisant entendre partout mais aussi auprès des nouvelles personnes étrangères au service.

Mme Pellen continuait son travail de commercial et de chef de service sans se rendre compte des tensions qui grandissaient. Du moins c’était ce que croyait Maud, car elle chouchoutait Dimitri tout en allant à ses rendez-vous et donnant des ordres à ses salariés sans écouter les colères qui s’exprimaient en l’absence du chouchou.

Maud tournait en boucle dans sa tête sans cesse ces dernières semaines, voire derniers mois, depuis l’arrivée de Dimitri avec des bouts de pistes mais là le mystère était complet.

Une jolie gendarme aux gestes brusques entra pour emmener Maud dans le bureau d’enquête. Sur le chemin qui était court, mille choses trottaient dans sa tête. Elle se demanda ce qu’il allait lui arriver. La gendarme la fit asseoir devant une porte close de taille normale à priori. Mais pour Maud, la tension était telle que cette porte grandissait.

« Comme par hasard, tu étais absente ce jour là » fut la première phrase de l’inspecteur quand enfin on se décida de la faire entrer dans le bureau. Elle fronça les sourcils et serra son manteau plus fort contre elle. Comme personne ne lui faisait signe où elle pouvait s’asseoir, elle resta debout avec ses interrogations. L’inspecteur la regarda attentivement et finalement se décida à lui montrer son siège.

Elle s’y assit avec son sac à main et son manteau sur ses genoux comme bouclier. Le silence régnait dans la pièce. L’inspecteur avait lancé le débat, maintenant il se taisait pour voir ce qu’allait dire Maud pour se défendre. Comme elle avait comprit ce jeu, elle préféra se taire et attendre la suite des événements. Elle espéra qu’on lui raconta ce qu’on savait comme sûrement les journalistes qui attendaient devant le commissariat avec leur article de journal.

Tous les deux se toisaient et le silence devenait pesant. L’inspecteur finit par se présenter : « Bonjour, je suis inspecteur Darno. Je suis là pour enquêter sur le meurtre qui a eu lieu sur votre lieu de travail. N’avez-vous rien à nous dire ?

  • Que s’est-t-il passé ? »

Le sang de Maud se glaça. C’était bien ce qu’elle craignait on l’avait convoquée pour cette histoire. Pourquoi elle ? Ne devaient-ils pas trouver un coupable cohérent pour le juge ?

« il s’est passé que Mme Pellen a été assassinée. Qui a pu le faire ?

  • Je ne sais pas.

  • Est-ce vous? Vous avez vos raisons.

  • Comme chacun de ses employés.

  • Moi, ce qui m’intrigue c’est pourquoi maintenant, qu’est ce qui a poussé la colère aujourd’hui ?

  • Je ne suis pas dans la tête du tueur »

L’interrogatoire dura longtemps. On su en détail sa journée. Qui sera vérifiée dans chaque étape racontée.

En sortant, Maud se posait autant de questions. Cependant, elle n’était pas libre. Ils voulaient interroger d’autres personnes puis revenir vers elle. C’est pourquoi, elle ne fut pas surprise de ne pas les retrouver. Elle en fut également soulagée. Heureusement que dans la salle d’attente une télévision avec la chaîne d’informations occupait le temps. Comme avant, elle avait ses mains occupées avec son ouvrage, son esprit pouvait reprendre ses réflexions.

Elle était assise derrière son bureau, ses deux mains posées sur son clavier. Comme si elle travaillait. Comme si elle avait travaillé toute la nuit plus exactement. De drôles de liens permettaient cette position.

C’est ainsi que ses employés l’ont trouvée : un trou dans le ventre et du sang qui tâchait ses vêtements et son bureau. Elle était là travaillant pour l’éternité.

Mme Pellen assassinée de manière violente durant le soir avant de partir ou le matin avant que tout le monde n’arrive. Ça ne pouvait être que des personnes qui avaient accès à l’entreprise. Qui pouvait en vouloir à sa chef au point de vouloir sa mort ? Plein de personnes. Mais, l’entrée par derrière était cassée, n’importe qui pouvait entrer. Alors, n’importe qui pouvait tuer Mme Pellen.

N’importe qui, suffisamment proche pour savoir que cette entrée était cassée. Alors, quelqu’un de sa famille, un fou ou un clochard du quartier. Elle soupira, elle manquait d’idée. Pour elle, la vie de sa chef se résumait à l’entreprise. Elle avait du mal à l’imaginer avoir une vie privée. Alors, elle tenta de réfléchir objectivement si sa vie professionnelle était intense ou normale et lui laissait le temps pour autre chose que le travail. Sa vie professionnelle était des plus intenses : arrivée la première et partie la dernière. Même si elle n’en parlait pas, on sentait que souvent, période intense ou période creuse, qu’elle venait le samedi et même le dimanche.

Maud pensa à d’autres personnes de l’entreprise qui pouvaient détester sa chef. Parmi les collègues du niveau cadre il n’y avait que Mr. Martin qui venait à son esprit. Il travaillait sous ses ordres comme commercial alors elle en profitait pour lui prendre ses bons résultats et lui donner de mauvais chiffres connus que d’elle seule. Il travaillait dur pour faire de bons résultats et il était impressionnant pour qui se rendait compte de ce qu’il faisait, mais elle réussissait systématiquement à lui voler tout ce qui était intéressant ! De plus, elle avait réussi à l’isoler de tout le monde sans vraiment porter préjudice à son travail, ce qui l’aurait embêtée.

Maud, entre deux nœuds de frivolité avec sa navette, sourit car elle se rendit compte qu’elle s’était trompée depuis le début, le voilà le coupable parfait. Même si elle travaillait aussi pour lui, elle le voyait peu, c’est pourquoi elle n’y pensa que maintenant !

Alors, elle fut un peu surprise de le voir entrer dans le commissariat. Pourquoi entrer si on était coupable ? Lui on ne le fit pas attendre. La jolie gendarme l’emmena dans l’antre pour l’interrogatoire. Allait-il avouer ? La grande question qui trotta dans la tête de Maud.

Pas longtemps, car il fut suivit par Dimitri qui la salua en dépit de ses menottes. Il était triste et choqué. Les enquêteurs qui le tenait le poussait vers l’intérieur du commissariat. Sans résister Dimitri se laissa faire et ne prêta plus attention à Maud.

Elle resta donc seule avec son occupation.

Le temps passa et aucun ne revenait. Dimitri avait pleins de raisons de commettre ce crime. Après tout, c’était de la faute de Mme Pellen s’il n’avait pas réussi à s’intégrer dans l’équipe à toujours vouloir le garder pour elle. Puis il y avait tout ce qu’elle soupçonnait : il était fort probable qu’il y eu un harcèlement sexuel. Qui des deux allait être accusé pour être présenté au juge ?

Monsieur Martin était le plus logique. C’était avec lui qu’elle était la plus odieuse. Il était renfermé dans son coin sans rien dire. En général c’était les gens calmes et silencieux qui étaient coupables. Toujours comme cela dans les histoires.

Maud sourit, elle crut avoir résolu le mystère : « qui allait être accusé ? » et donc quel nom sera inscrit dans les histoires des journalistes.

La police aussi car Mr Martin entra dans la salle d’attente les menottes aux poignets et s’assit pour attendre son tour. Comme d’habitude, toujours attendre dans l’administration française.

Il s’assit tout recroquevillé, tournant le dos aux maximums de fenêtres pour ne pas être vu par inadvertance par un journaliste. Si on le regardait mieux on pouvait voir qu’il avait séché ses larmes et qu’elles semblaient se bousculer derrières ses yeux. Mr Martin semblait si perdu, si angoissé, si horrifié que Maud eut un peu de pitié de cette accusation. Cette tête prouvait l’innocence. Réussissait-il sa comédie ? Après tout, il devait être soulagé comme beaucoup de sa mort.

Lui devait être pistonné car on vint rapidement le chercher.

Elle se retrouva seule avec sa frivolité. Elle nouait rapidement grâce à sa navette et réfléchissait intensément dans ce calme illusoire. Il y avait de la vie dans le commissariat, d’autres gens venaient pour d’autres problèmes et faisaient du bruit qui n’atteignait pas la bulle de Maud.

Dimitri était avec les gendarmes. De quoi parlait-il ? Pourquoi était-il venu avec les menottes ? Il était capable d’avoir refusé de venir à cette convocation de témoin. Mais on pouvait aussi penser qu’il était coupable. Les inspecteurs ne pourraient aller loin avec lui. Après tout, il aurait les mêmes histoires qu’elle à raconter avec tout ce temps passé ensemble surtout dans le train. Elle lui en avait confié des secrets de bureau ! Non, lui aussi pouvait faire un coupable parfait. Surtout, si Mr Martin ne convenait pas.

Il n’avait pas l’air coupable. Ou alors regrettait-il son geste parce qu’on l’avait attrapé ? Peut-être était-il amoureux ? Non, trop de rancune. C’était ça, la vengeance ! Mme Pellen lui avait une fois de trop fait un coup tordu qui comme d’habitude a du être validé par leur supérieur.

Maud, fut surprise de voir que ses raisonnements devaient être faux, sauf sur le premier point, car Mr Martin, malgré ses traits tirés sortait de la salle d’interrogatoire fier et sans menotte. Peu de temps après, Dimitri le suivit. Sans un regard pour Maud, il quitta le commissariat sans demander son reste. Elle soupira, il fallait tout reprendre à zéro.

Quelques secondes après, Bertrand sortit lui aussi avec un air soulagé. Cayla aussi mais qui eut un sourire envers Maud au fond de la salle avant de sortir. Ce qui la laissa perplexe. Henriette fila la tête basse le sourire en coin et pour elle seule. Roderic était juste après elle et trouva le chemin de la sortie facilement.

C’était vrai que beaucoup de gens lui en voulaient. Mais était-ce une raison suffisante pour tuer ? Y avait-il des gens en dehors qui le souhaitaient? Elle avait vaguement entendu parler de ses fils, avec qui elle ne s’entendait pas du tout à cause de l’éducation reçue. Son mari, bien qu’il y eu plus de 30 ans de mariage, jamais on en entendait parler. Cependant, il était ridicule de penser que le criminel venait de sa vie privée car elle avait trop d’ennemis dans sa vie professionnelle. Croire à un clochard qui passait par là ce n’était pas possible car malgré tout on l’aurait remarqué dans les locaux qui n’étaient jamais vides. Même la nuit grâce au veilleur.

A part ses collègues du même métier ? Maud ne savait pas. Durant la journée, elle avait vu toutes les personnes qu’elle avait accusées sortir du commissariat libre comme si elles étaient innocentes. Mais, elle, qui voulait le plus qu’ils trouvent un coupable rapidement avec efficacité, devait rester là à attendre. Attendre.

La nuit tomba et on la convoqua à nouveau. Là c’était Monsieur le Commissaire qui l’attendait derrière le bureau. On reprit les mêmes questions, elle reprit les mêmes réponses et on nota les mêmes phrases sur la déclaration. Elle demanda si elle pouvait rentrer chez elle ? Oui, mais ce ne serait pas bien pour l’enquête. Ce serait dommage, lui rétorqua t-on.

Qui a tué Mme Pellen ? Lui posa-t-on comme question. Nul ne le savait. Le secret de mon livre pensa subitement Maud. Elle sourit, les journalistes pouvaient écrire ce qu’ils voulaient, c’était elle la maître de l’histoire.

Ce plaisir fut bref, car la police lui signifia sa garde à vue en lui demandant : « pourquoi ? »

« Pourquoi ? » se demanda-t-elle. Pourquoi étaient-ils en train de l’accuser ? Pourquoi avoir laissé Henriette partir ? Pourquoi croyaient-ils tant savoir alors que c’est elle la maîtresse de l’histoire.

Elle se plongea dans les vrais événements. Un soir après être resté tard Henriette et elle, Dimitri les invita à dîner. Maud eut un sourire nostalgique de ce soir là. Le repas fut fameux, surtout avec la discussion vive et intense et qui se termina avec un challenge. Pour se faire, ils sont retournés dans les locaux de leurs entreprise via la porte cassée. Le veilleur fut amusé et facilement convaincu qu’il fallait relever le challenge.

Les filles allumèrent l’ordinateur, s’attachèrent les cheveux. Dimitri fouilla dans le bureau de Mme Pellen et trouva un long texte qu’il photocopia. Pendant ce temps le veilleur changea son téléphone en chronomètre.

La course se prépara. Le dos droit sur leur chaise, les filles mirent leur doigts sur le clavier et au top départ recopièrent le texte. Après cinq minutes de course de secrétaire, le veilleur cria un tonitruant « stop ».

Elles se lançaient des regards de défis pendant que Dimitri comptait le nombre de caractères grâce à l’ordinateur. Il était impressionné du résultat et du peu de fautes qu’elles avaient faites. Mais ce fut le veilleur qui eut l’idée : celle de revenir une autre nuit et faire des paris via internet.

Cette seconde nuit commença avec plaisir. Le veilleur était un vrai génie de l’informatique et pu sans difficulté pirater le système internet de l’entreprise pour ne pas laisser de trace de leurs affaires. Les paris commencèrent vite et avec succès. Dimitri se frottait les mains, les affaires semblaient prometteuses. Durant cette nuit elles firent plusieurs courses de clavier sans vraiment se rendre compte du temps qui s’écoulait.

Vers 4h00 du matin tout le monde sursauta. Mme Pellen venait d’entrer dans la pièce. Contrairement aux apparences elle agaça surtout le veilleur qui crut qu’elle avait gâché ces histoires de paris qui lui auraient permit, peut-être, d’améliorer son salaire suffisamment pour s’acheter les belles choses qu’il rêvait.

Par un drôle de respect morbide pour leur chef, tous les trois l’installèrent à son bureau, son endroit préféré pour lui laisser un peu de dignité.

Alors oui, pourquoi croyaient-ils avoir réussi leur enquête ?

Écrit par Pompinell
Quelques modifications par Magteb

Origine du texte : Wattpad Maud

Advertisements

Régime ou délire?

En me promenant à la fnac à la recherche de livres bizarres, étranges et hors du commun, mon regard fut attiré par cette couverture étrange et ce personnage Lumi amusant. En le feuilletant je n’ai pu lâcher le livre.

Drôle, avec du bon sens, de bon conseils voici la merveille que je souhaite partager. Ce n’est plus une fixation sur les Kilos même s’ils sont présents, c’est une invitation débordante d’énergie à changer ses habitudes alimentaires. Qui se nourrit bien vit bien.

– “Comment? On m’aurait menti? Les produits industriels ne sont pas bons pour ma santé?”
– Qui ne pense qu’à l’argent, tricheries et mensonges offrira.

Extraits:

 

Bonne lecture ^__^

Je me promets de Larson

Extrait de C. D. LARSON

 

“Je me promets…

D’être fort au point que rien ne puisse troubler ma paix d’esprit.

De parler de santé, de bonheur et de prospérité à toute personne que je rencontrerai.

De faire ressentir à tous mes amis qu’ils ont de grandes valeurs en eux.

De ne considérer que le bon côté des choses en véritable optimiste.

De penser seulement au mieux, ne travailler que pour le mieux et n’espérer que le mieux.

D’être tout aussi enthousiaste pour les succès des autres que pour les miens.

D’oublier les erreurs du passé et de me concentrer uniquement sur mes incroyables exploits à venir.

De toujours avoir une expression de bonheur et de sourire à toute personne que je rencontre sur mon chemin.

De consacrer tant de temps à m’améliorer que je n’aurai pas le temps de critiquer les autres.

D’être trop grand pour l’inquiétude et trop noble pour la colère, trop fort pour la peur et trop heureux pour me laisser troubler.

D’avoir une bonne opinion de moi-même et de le proclamer à la face du monde, non pas par de grands mots, mais par de grandes actions.

De vivre en croyant fermement que le monde entier sera de mon côté tant et aussi longtemps que je vivrai, conformément à ce qu’il y a de meilleur en moi. “

Lecture détente : Docteur Love

 

drloveVous vous ennuyez?
Vous avez trop de choses en tête et voulez faire une pause?
L’amour ou les relations avec les hommes vous pose vraiment des problèmes?

Je conseille la lecture Docteur Love par Mr Ingerson.

Les plus : l’humour, la connaissance du sujet

Les moins : ne prend pas en compte les sentiments humains des femmes. Certaines réponses peuvent amener à la dépression ou au rejet complet des hommes si elles sont prises au 1er degré.

 

Dommage, je ne trouve pas sa version anglaise. Il serait très utile aux chinoises, coréennes, australiennes et japonaises. ^___^ Mais il est vrai qu’il est aussi utile à nous françaises au moins d’un point de vue humoristique.

Je vous souhaite une bonne lecture. ^____^

Fossé des générations

“A la caisse d’un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats.
La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l’écologie et lui dit:
– Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources !
La vieille femme s’excuse auprès de la caissière et explique :
– Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste de mon temps.
Alors qu’elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute :
– Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps !

Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer qu’à l’époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin.
Le magasin les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau : les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
Elle ajoute :
– De mon temps, on montait l’escalier à pied : on n’avait pas d’escaliers roulants et peu d’ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues : On marchait jusqu’à l’épicerie du coin. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On ne connaissait pas les couches jetables : On lavait les couches des bébés. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde. On avait un réveil qu’on remontait le soir. Dans la cuisine, on s’activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.
Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. On n’avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto-portées : On utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon. On travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif. On n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter. On remplissait les stylos dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo. On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l’école à vélo ou à pied au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 H sur 24. Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.

ALORS VIENS PAS ME FAIRE CHIER AVEC TON MOUVEMENT ECOLOGISTE !

Tout ce qu’on regrette, c’est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule, pour éviter d’engendrer la génération des jeunes cons comme vous, qui s’imagine avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d’orthographe, qui n’ont jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent pas qui a écrit le Boléro de Ravel. (pensent même que c’est un grand couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube quand on leur propose Vienne ou Athènes, etc. mais qui croient tout de même pouvoir donner des leçons aux autres, du haut de leur ignorance crasse!
MERDE à la fin !”