Conclusion : Et maintenant?

Et maintenant ?

Quelques astuces :
Lors du face à face, l’important n’est pas la réaction des parents lors de la confrontation, mais la nôtre.
Si nous sommes capables de rester ferme face à la fureur de nos parents, à leurs accusations, leurs menaces et leurs tentatives culpabilisantes, ce sera un grand moment de vie, porteur de changements positifs pour nous.
Si nous n’en sommes pas capables rien n’est perdu. Nous pouvons ré-essayer autant de fois que nous en avons besoin. Sans pour autant les multiplier à l’infini.

Types de réponses face aux réactions de nos parents :
« Tout ça n’est jamais arrivé »
=> « Le fait que tu ne t’en souviennes pas ne prouve pas que ce n’est jamais arrivé »

« j’ai dit que j’étais désolé. » carotte pour nous neutraliser
=> « J’apprécie que tu t’excuses. Si tu es véritablement désolé tu seras disponible pour moi quand j’aurai besoin de toi, en répondant à mes désirs et non aux tiens. »

« Nous avons fait de notre mieux » compassion de notre part
=> « Je comprends que tu as passé des moments difficiles mais j’ai besoin que tu comprennes que la façon dont tu réagissais à tes problèmes m’a vraiment fait souffrir. »

« Regarde tout ce que nous avons fait pour toi. » = « Voilà comment tu nous remercies »
=> « J’apprécie vraiment tous vos efforts, mais cela n’a jamais pu compenser les peines et les douleurs que j’ai ressenties. »

« Comment peux-tu me faire cela ? » = ce sont eux les victimes et nous les personnes cruelles. Ils nous accuseront de leur faire du mal et de les décevoir. = nous faire culpabiliser
=> « Je suis navré que vous soyez contrariés. Je suis désolé que vous ayez de la peine. Mais je ne céderai pas là-dessus. Moi aussi j’ai souffert pendant de très longues années. Et je souffre encore. »

Le but est d’éviter l’enlisement dans les pièges émotionnels. Ne cherchez pas à vous défendre, ni à rester sur la défensive. Les « parce que » sont à bannir.

Si toute communication devient impossible avec les parents à cause de leurs comportements, il faut interrompre toute discussion. Levez-vous si vous êtes assis et partez ! Quoi que vos parents vous disent. Partez sans vous retourner. Une autre fois peut-être ils seront plus disponibles pour vous écouter.

C’est un échec pour eux, pas pour nous. Lors de cette constatation il est plus facile de renoncer à notre espoir insensé d’une relation d’adultes avec eux.

« Je pense que ce qui me fait si peur c’est d’avoir décidé que je ne veux plus me sacrifier. Je vais les laisser être responsables de leurs choix et d’eux-mêmes, pour changer. Même si je risque de perdre mes parents. Cela est arrivé au point où c’est eux ou moi. »

Le danger réside dans la réaction des parents qui feront pratiquement tout pour rétablir le confortable équilibre familial auquel ils sont habitués. Ils sont capables d’exercer une formidable séduction quand ils chantent, telles des sirènes, leurs complaintes de culpabilité, de pitié ou de reproches.
Ils ont tendance à ne pas supporter les changements définitifs ; comme couper toute relation avec leurs enfants.
Nous avons tous gagné en confiance en nous et en liberté de choix et d’action. Nous avons rencontré des gens merveilleux et puis des gens un peu moins merveilleux. ^__^ Mais toutes les rencontres nous ont enseigné des choses.

Nous nous sommes sacrifiés toute notre vie. C’est le moment de changer et de vivre enfin.

Même à 40 ans, même à 50 ans, même à 60 ans et même après, il est toujours temps de le faire. Nous vivons de plus en plus longtemps. Pour quelles raisons attendre encore ? Le prince charmant sur son destrier blanc ne viendra pas vous tirer de là (déjà il faudrait qu’il existe !), la princesse charmante ne viendra pas non plus vous donner les moyens de vous libérer (elle non plus n’existe pas). Attendre ne sert donc à rien si ce n’est vous enliser dans le désespoir, la solitude, les ténèbres.

Une fois les vieux schémas avec nos parents détruits, nous avons gagné en temps, en énergie et en sérénité. Certains d’entre nous ont réactivé des projets endormis au fond de leur âme. D’autres ont multiplié les activités extraprofessionnelles et ont fait des rencontres ce qui leur a permis d’élargir leur cercle d’amis.

Nous sommes devenus plus tolérants, plus ouverts et plus disponibles pour les relations avec les autres.

Nous avons décidé de faire des choses que nous n’avions jamais fait auparavant, pour essayer et tester afin de découvrir ce qui nous convient ; ce qui nous correspond.

Nous avons guéri nos corps et certains ont commencé à faire du sport.

Nous avons commencé à voyager seuls ou avec des amis.

Nous ne sommes pas des victimes. Nous refusons l’apitoiement et la victimisation. Changer notre comportement c’est changer également nos relations avec nos parents et avec le monde extérieur. Nous ne sommes plus des enfants sans défense.

Et les autres ne sont pas là pour qu’on leur fasse vivre l’enfer que nous avons vécu.

Reconnaître nos torts et nous excuser de notre comportement explosif et malsain avec les autres, brise le cycle infernal, car nous avons conscience de notre manière d’être et ne voulons pas récidiver.

La seule façon de communiquer avec nos parents est de ne pas jouer à leurs jeux. Si nous n’avons toujours pas obtenu l’affection et l’acceptation de nos parents à l’âge adulte, il y a vraiment peu de chances pour que nous l’ayons un jour.

Une des choses les plus difficiles à faire reste de laisser nos parents être ce qu’ils sont, comme ils sont.

Lorsque quelqu’un nous manifeste son amour, nous nous sentons acceptés, respectés, ayant de la valeur. Le véritable amour provoque des sentiments de chaleur, plaisir, sécurité, stabilité et paix intérieure.

Nous avons découvert que notre angoisse face à nos parents s’est envolée au moment où nous avons compris et admis que nous n’avions plus besoin de leur approbation. Nous sommes devenus émotionnellement autonomes.

Et plus nous sommes autonomes et indépendants dans nos vies et dans nos têtes, moins nos parents sont satisfaits. Ils se sentent réellement menacés par le changement.
Parents : « Tu n’as plus besoin de moi »
« Tu me détestes. »
Nous : « En effet je n’ai plus besoin que tu me considères comme un enfant attardé mental. »
« Je suis navré que tu le prennes de cette façon. »

« Attendez-vous à flancher ; attendez-vous à faire des erreurs. Vous n’échapperez jamais tout à fait à l’angoisse, à la peur, à la culpabilité et à la confusion. Comme tout le monde. Mais ces démons ne vous contrôleront plus. C’est la clef de la vie. »

Point information santé par magtebmeiji :
Il est fréquent que les adultes comme nous souffrent de maux de tête, de maux d’estomac, de tension musculaire, de fatigue chronique, de perte d’appétit (anorexie) ou de boulimie, d’insomnies ou de nausées. . . et bien d’autres.
En travaillant à nous changer et à reprendre nos vies en main, certains ont réussi à arrêter leur boulimie, d’autres ne sont plus fatigués, d’autres n’ont plus de maux d’estomac ou de tension musculaire, d’autres ont combiné tout cela à la fois et d’autres ont soigné des maladies plus graves encore.
Les bénéfices de ce soin sont visibles rapidement si et seulement si nous arrêtons de fuir la réalité, aussi dure soit-elle.

Point d’attention d’Auron :
Si les parents vous disent qu’ils vont se suicider, partez sans vous retourner. Il y a bien sur des chances pour qu’ils passent à l’acte mais il est important de comprendre que vous n’êtes en rien responsables de leurs décisions. S’ils décident de vraiment se suicider qu’ils le fassent.
La plupart ne le feront pas. Je connais une personne qui a même osé dire à ses parents qu’elle pouvait leur trouver une arme à feu pour le faire s’ils le désiraient.
La peur et la culpabilité l’ont rongée mais elle n’est jamais revenue en arrière. La prochaine fois que mes parents me menacent de suicide je leur dirai la même chose.
Les gens qui se suicident, en général, ne le disent à personne et passent à l’acte. Comme nous avons failli le faire. En silence.

 

Pardonner à ses parents est-ce une solution ?
Nous avons pour la plupart d’entre nous commencé par pardonner le comportement de nos parents. Pour nous rendre compte, pour encore une plus petite partie d’entre nous, que le pardon est un piège. Il nous rend plus vulnérables. Il diminue nos capacités à évacuer nos émotions refoulées pendant toutes ces années. Comment reconnaître alors notre colère, notre tristesse et notre douleur ?

Vous pouvez leur pardonner une fois l’indépendance émotionnelle acquise.

Car, avant de pardonner, il est primordial de remettre les responsabilités de ce qui nous est arrivé à la bonne personne.
En pardonnant aveuglément aux parents qui nous ont blessé, nous aboutissons en retour à nous détester nous-même d’autant plus et à nous haïr. « pourquoi je n’ai rien vu ? » ; « pourquoi n’ai-je pas agi/réagi plus tôt ? »…
Certains d’entre nous ont besoin de pleurer sur l’amour et la reconnaissance qu’ils n’ont jamais reçu de leurs parents et qu’ils ne recevront jamais.
« pardonne et oublie » c’est exactement comme dire : « fais comme si rien ne s’était passé ».

C’est une illusion de penser ou de croire que nous pouvons oublier. En nous, il y a un enfant à réconforter et à soigner, un adolescent à encourager et un adulte à aimer.

Pour savoir si vous êtes en phase de pardon demandez-vous :
Êtes-vous capables d’avoir vos propres pensées, d’entreprendre vos propres actions, de ressentir vos propres sentiments sans prendre en considération en aucune façon les espoirs et ambitions de vos parents, et sans ressentir de la culpabilité ?
Si la réponse est oui de façon sure et certaine alors vous êtes en phase de pardon. Si non, gardez le pardon vraiment pour la fin.

 

Comment remettre la responsabilité à la bonne personne ?
Nos parents sont responsables de ce qui se passe à l’enfance et à l’adolescence.
Quelles qu’aient été leurs intentions, la responsabilité qui leur incombe leur revient de droit. A l’âge adulte les responsabilités sont partagées entre l’adulte-enfant et les parents :
« Mes parents étaient responsables de ma dépression. Je devais toujours être disponible pour eux. »
« Je suis responsable de ne pas savoir refuser »

« Mes parents étaient responsables du choix de l’appartement dans lequel je vis. »
« Je suis responsable d’avoir manqué de courage. »
« Je suis responsable d’avoir signé des papiers que je ne voulais pas signer. »

« Mes parents sont responsables du vide sidéral de ma vie amoureuse. »
« Je suis responsable de rester murée chez moi ou dans mon sommeil. »

« Mes parents sont responsables de mon mal-être »
« Je suis responsable de ne pas me connaître/m’accepter. ». . .

Pour finir, nous rassurons les parents qui ont eu le courage de lire tout l’article. Nous ne vous demandons pas de changer pour nous. Nous n’attendons plus rien, car nous sommes des adultes maintenant. Nos vies sont entre nos mains. Nous en sommes responsables.

C’est à nous de consoler l’enfant qui est en nous et de faire notre deuil de notre passé.

C’est à nous de changer et de prendre l’entière responsabilité de nos choix.

Nous apprenons plein de choses sur la vie, sur l’amour, sur les relations avec les autres. Nous sommes partis à la découverte du monde et ne comptons pas nous renfermer à nouveau dans cette prison. C’est notre choix et nous ne le regrettons pas.

Nous avons le droit de nous tromper et de tomber. L’essentiel est de se relever. Ce sont les leçons de la vie. Et justement nous avons une vie à construire.

NB: « l’absence de choix est également  un choix. C’est le pire choix qu’on puisse faire. »

Bon courage à tous

Nous répondrons à toutes vos questions et toutes vos remarques par mail de manière confidentielle sur magtebmeiji@gmail.com

Remerciements :
A Thomas et Magtebmeiji pour leur patience, leur écoute et surtout pour nous avoir donné le courage de prendre nos vies en main car nous doutions de pouvoir changer quoi que ce soit.
Aux psychologues qui nous aident encore aujourd’hui à réparer nos âmes.
A nos amis qui nous ont supportés toutes ces années et qui sont encore là pour nous malgré nos comportements et paroles violents.
A nos enfants que nous avons blessés, à qui nous avons demandé pardon et qui nous ont compris.
Auron, David, Fleur, Lynda, Michael, Thomas et Magtebmeiji

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Nos comportements et réactions

Quelques explications complémentaires sur nos propres réactions et comportements

Nous, comme beaucoup d’autres adultes, avons utilisé très tôt le déni de réalité. « La dénégation est le plus primitif et le plus puissant système de défense psychologique ». Il déguise la réalité pour minimiser ou même nier l’impact de certaines expériences pénibles.

Souvent, à l’âge adulte, nous avons pensé de nos parents :
« Ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient. »
« Ils avaient de bonnes intentions. »
« C’est parce qu’ils nous aiment. »

Cela masque le fait que nos parents nous ont abandonné émotionnellement. Le développement émotionnel sain est très ardu pour nous par « l’absence » même de nos parents sur le plan sentimental. Nous avons grandi sans nous rendre compte que nous étions une sorte de marionnette qu’ils ont toujours manipulée au gré de leurs émotions.
Nous avons grandi sans comprendre ce qu’aimer signifie et nous avons adopté inconsciemment les mêmes comportements que ceux de nos parents… même si nos comportements nous dégoûtaient profondément. Nous ne savions pas comment être autrement avant de nous comprendre et de comprendre l’origine même de nos réactions. Nous avons changé grâce aux rencontres que nous avons faites tout au long de notre vie.

Pour quelles raisons explosions-nous face à nos parents au lieu de discuter comme des adultes matures ?
Car la dénégation fut notre « cocotte-minute » émotionnelle : plus longtemps nous la laissions fermée, plus nous faisions monter la pression et plus l’explosion fut violente. Quand les crises émotionnelles arrivaient, il nous a fallu affronter les vérités que nous avions évitées. Et cela dans un moment de stress intense. Encore aujourd’hui, nous nous entraînons à dire les choses au lieu d’intérioriser et de prendre sur nous afin d’arriver à complètement vider notre charge émotionnelle face à eux.

Mais depuis toujours, nos parents ont miné la confiance que nous avions en notre capacité de percevoir la réalité. Et cela a rendu encore plus difficile la réhabilitation de notre estime personnelle après les avoir écoutés :
« Ce n’est pas si grave. »
« Tu n’as rien compris. »
« Cela ne s’est pas passé comme ça. »
« Cela n’est jamais arrivé. »
« Tu interprètes tout ce que je dis mal / de travers. »

Tu viens t’amuser ? O_o Qu’est-ce que s’amuser veut dire ? Ai-je le droit de m’amuser aussi ?
Avant de commencer à changer notre manière de penser et d’agir, « s’amuser » n’avait pas beaucoup de sens. Nous n’avons eu que des obligations et des responsabilités qui majoritairement n’étaient pas les nôtres, tout au long de notre vie, faisant passer les besoins de nos parents systématiquement avant les nôtres. Nous répondions présents dès qu’ils en avaient besoin et souvent nous faisions ce qu’ils nous « demandaient » de faire pour éviter les confrontations ou parce que nous pensions que c’était bien pour eux, que cela les aidait. Bien sur nous nous trompions. Cela ne les a jamais aidé puisqu’ils sont dépendants de nous. C’est comme si c’étaient nous qui avions des enfants et non l’inverse.

Aussi loin qu’on se souvienne, nous n’avons éprouvé aucun plaisir à faire ces choses-là. Ce qui nous rendait heureux étaient le peu de choses que nous avions décidé de faire par nous-même pour nous-mêmes.
Quand nous osions nous rebeller ou faire différemment, l’enfer se déchaînait généralement. La culpabilité ressentie à ces moments-là envers les parents était un puissant outil pour nous manipuler.
« Tu ne m’as pas écouté ! Pourquoi tu n’as pas fait comme j’ai dit, abruti ! »
« Je te l’avais bien dit de faire comme ça. Tu devrais me faire confiance et faire exactement comme je te dis tout le temps et quel que soit le sujet. »
« voilà, j’en suis malade. Pourquoi je ne peux jamais compter sur toi ? »
« Tu n’as pas une petite place pour moi dans ton agenda de ministre ? J’ai besoin de toi. »
« Dès que je te demande un petit effort c’est comme si je te demandais la lune. N’es-tu pas capable de faire quelque chose pour moi après tout ce que j’ai fait pour toi ? »
« après tous les sacrifices que j’ai dû faire, c’est comme ça que tu me traites ! »
STOP, STop, stop. Nous n’avons jamais demandé à qui que ce soit de se sacrifier. Les enfants ne demandent pas de sacrifices aux parents. Ils leur demandent d’être là avec eux et pour eux.

« Tous les enfants sont égoïstes. Mais c’est ce pour quoi leurs parents doivent être présents. S’ils ne sont pas égoïstes dans leur propre famille où pourront-ils l’être ? Nulle part ! »

Nous avons gardé en nous pendant des années un sentiment de culpabilité exacerbé et un sens des responsabilités excessif.

Nous nous sommes souvent trouvés pris au piège d’un cercle vicieux qui nous faisait accepter des responsabilités pour tout, échouer inévitablement, nous sentir coupables et incapables, et réagir en redoublant d’efforts, pour un résultat tout aussi minable à nos yeux et à ceux de nos parents. Ce que nous faisions ne trouvait jamais grâce à leurs yeux. Notre frustration s’est accumulée au fil des ans jusqu’à imploser.

Il est clair qu’avec ce type d’éducation nous n’avions pas reçu le modèle pour apprendre à donner et à recevoir de l’affection, de la tendresse, de l’amour. La question que nous nous sommes souvent posée est : Qu’est-ce que nous devons attendre d’une relation amicale ? et d’une relation amoureuse ?

Nous n’avons pas de réponse à ces questions à ce jour. Nous sommes encore en pleins changements comportementaux. Nous travaillons à effacer nos blocages psychologiques et sortir de nos prisons. Cependant pour nous il est primordial d’accepter l’autre tel qu’il est. Sûrement à cause des rejets répétitifs de nos propres parents. Être accepté par l’autre ne veut pas dire ne pas changer / évoluer. Cela donne du courage, apporte la sérénité et la paix de l’esprit, nous fait gagner en confiance et maturité.

De l’enfant à l’adulte que nous sommes devenus, nous continuions à nous poser des questions sur les actions/réactions de nos parents comme :
« pourquoi tout ce que je fais est mal ? »
« pourquoi ne pouvez-vous me traiter en adulte ? »
« pourquoi agissez-vous comme si chacune des décisions que je prends seul(e) était une agression à votre égard ? »
« pourquoi ne m’aimez-vous pas ? »
« pourquoi ne m’acceptez-vous pas comme je suis devenu, si moi ça me va ? »
« pourquoi êtes-vous si intolérants à mon égard ? pourquoi me rejetez-vous ? »
En réalité, notre opinion n’a aucune valeur aux yeux de nos parents. Nos besoins, nos désirs n’ont pas la moindre importance pour eux.

En nous détruisant leur message est le suivant : « Tes sentiments ne sont pas importants. Je suis la seule / le seul qui compte. »

Et le pire pour nous fut que certains des parents ne se rendent même pas compte de cela. MAIS! ce n’est pas une excuse pour effacer le passé ni pardonner leur comportement.
Nos parents dominateurs ne supportent pas que leurs enfants aient leurs propres idées. Nous ne savons jamais quelle faute nous avons commise. Nous avons passé tout notre temps et toute notre énergie à trouver comment plaire à nos parents. Ce qui fut inutile et vain.
C’est comme courir dans une course où la ligne d’arrivée est systématiquement déplacée. Nous ne gagnons jamais.
Parents : « Lorsque tu auras le bac tu seras considéré comme un adulte. »
Arrivé au bac. « Lorsque tu auras 18 ans tu seras considéré comme un adulte »
Arrivé à la majorité légale. « Lorsque tu auras ton premier CDI… »
Arrivé en cdi après la période d’essai. « Lorsque tu paieras ta propre feuille d’impôts, … »
Première feuille d’impôts payée intégralement. « Lorsque tu auras ton chez toi, … »
Etc etc etc

Il est bon d’abandonner l’espoir que les parents dieux, dominateurs, manipulateurs changeront un jour. Préparez-vous à faire le deuil de vos rêves et espoirs de voir vos parents changer de comportement.

Si cela arrivait par le plus grand des miracles, sachez que c’est extrêmement rare.

C’est à nous, enfants de ces parents, de changer. Nous nous concentrons avant tout sur nos vies. Nous sommes devenus égoïstes avec notr etemps et notre énergie.

Parce qu’avant nous nous étions habitués à renoncer devant n’importe quelle situation de vie réelle, nous nous étions figés dans le temps et l’espace :
– faire toujours plus (côté perfectionniste)
– remettre à plus tard (procrastiner ; effet du perfectionnisme)
– et puis ne plus rien faire (paralysie totale, autre effet du perfectionnisme.)
A la fin, nous ne faisions véritablement plus rien de nos vies si ce n’est soutenir nos parents.
Nous vous conseillons le livre L’apprentissage de l’imperfection de Tal Ben-Shahar:


… Destruction de quelques vérités absolues apprises dans nos systèmes familiaux :
Nous : « je ne peux me fier à personne »
=> Vient de « toute ta vie tu ne pourras compter que sur moi, ton parent. Je suis le (la) seul(e) à vouloir ton bien. Les autres ne te diront jamais ce qu’ils pensent. Je suis le (la) seul(e) à me préoccuper de ton bien être. »

« Sur 50 personnes, si 1 seule vous trahit, ne passez pas votre vie à douter des 49 autres personnes. Même si ce sont des membres de votre famille. »
« Je n’ai pas besoin de faire confiance aux autres. Quoi qu’il arrive je sais pouvoir compter sur moi. C’est le plus important pour se relever de n’importe quelle situation. »

Nous : « je n’arriverai jamais à rien »
=> vient des mots des parents du style : « Tu es stupide. »/  « C’est une perte de temps. »/ « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Tu fais comme ça. »

Nous : « je ne vaux pas la peine qu’on s’occupe de moi. »
=> vient des mots des parents « Tu es ingrate. » / « je ne peux pas compter sur toi. Personne ne peut compter sur toi. » / « je ne peux pas te faire confiance. »

Nous : « je suis moche »
=> vient des mots de parents du style : « Tu es laide. / Tu es grosse / tu ne sais pas sourire. »…

Physiquement nous sommes comme nous sommes. Prenez soin de vous, faites un peu attention à ce que vous mangez, souriez, riez, et vous serez beaux.

Nous : « Personne ne m’aime. »
=> vient de tous les autres mots et des rejets continuels de nos parents.
Découvrez vos qualités, apprenez à vous aimer et à avoir confiance en vous, et vous trouverez des personnes qui vous aimeront. Rien que le changement de comportement amèneront les autres à vous apprécier davantage.
Etc.

Quelques exemples de règles familiales inexprimées qui tirent des fils invisibles pour nous manipuler et qui exigent une obéissance aveugle de notre part :
« Ne réussis pas mieux que nous. »
« Ne soit pas plus heureuse que ta mère/ton père. »
« Ne mène pas ta propre existence. »
« N’arrête jamais d’avoir besoin de moi »
« Ne m’abandonne pas »
« Ne te fie qu’à moi »
« Supporte la douleur. T’es une chochotte. »
« Les affaires de famille doivent rester en famille. Tu ne dois pas en parler aux autres. »

Nous avons tendance à suivre les règles familiales parce que désobéir équivaut pour nous, comme pour tout enfant, à trahir la famille.

Dans cet état, nos sentiments, nos comportements et nos décisions ne nous appartiennent plus. C’est comme si être différent était mal. C’est comme si exister était interdit. Tout ce que nous avions le droit de faire était de respirer. Et encore, pas trop bruyamment.

L’absence de choix est directement liée à la relation fusionnelle. C’est la clef pour verrouiller un enfant de l’intérieur.

Pourtant nous n’étions en rien responsables des choix de vie de nos parents, de leurs sentiments ou de leurs humeurs à l’époque.
Nous avons eu 2 sortes de réactions avec les parents manipulateurs/dominateurs/perfectionnistes :
1. Céder continuellement aux exigences/ demandes des parents afin de les calmer et de ne pas les blesser.
2. faire tout le contraire, hurler contre eux, les menacer, etc…
Or, comme nous l’avons dit, toute réaction émotionnelle forte contre eux, signifie leur accorder le pouvoir de nous contrôler.

Continuons…
Voici quelques exemples de nos propres croyances fausses sur nos relations avec nos parents :
« C’est à moi de rendre mes parents heureux. »
« C’est à moi de rendre mes parents fiers. »
« Je suis tout pour mes parents »
« Mes parents ne pourraient pas survivre sans moi. »
« Si je tenais tête à mes parents, je les perdrais pour toujours. »
« Si je leur disais combien ils m’ont fait souffrir, ils diraient que je me trompe sur les événements, que je n’ai rien compris ».
« Les sentiments de mes parents sont plus importants que les miens. »
« Ce n’est pas la peine de parler avec mes parents, parce que cela ne nous avancerait à rien si ce n’est des crises de nerfs des 2 côtés. »
« Si seulement mes parents changeaient, je me sentirais mieux dans ma peau. »
« Il faut que je me rachète auprès de mes parents pour ma méchanceté, mon égoïsme et égocentrisme. »
« Si seulement je pouvais leur faire comprendre combien ils me font mal, je sais qu’ils agiraient différemment. »
« Quoi qu’ils aient pu faire ils sont toujours mes parents et je dois les honorer. »
« Mes parents n’ont aucun contrôle sur mon existence. Je me bats sans cesse contre eux. »
Il faut se réveiller. Oui cela fait mal de l’admettre. Oui nous avons tous pleuré. Et non, nous ne pouvons pas demander de l’aide à ces parents.

La dernière phrase est la plus difficile à admettre, car nous restons enchaînés malgré tout. Se battre contre eux c’est se laisser faire.

Essayer de changer les parents ?
Nous luttons de toutes les façons possibles afin qu’ils deviennent affectueux et nous acceptent. Cette lutte épuise notre énergie et remplit nos jours d’agitation et de souffrance et nos nuits de cauchemars.

Cette lutte est pourtant vaine tellement c’est ancré en eux. Tellement ils sont persuadés d’avoir raison.

Nous avons donc établi l’axiome suivant : « Nos parents ne changeront pas malgré tous nos efforts et toute notre volonté. »

Nous avons effacé nos culpabilités qui n’ont pas lieu d’exister et nous avons abandonné ces croyances et nos règles familiales et nous avons osé exister. Nous sommes des êtres humains qui méritons de vivre, d’être respectés (tais-toi la voix qui dit le contraire), d’être aimés (dégage la voix qui s’oppose à ma volonté), qui avons nos propres goûts (j’aime le jaune, le rouge, le rose. Et j’en suis fière parce que ce sont mes goûts et que j’en ai le droit.), nos rêves (à réaliser absolument. Nous avons trop et trop longtemps « dormi ».) et nos propres objectifs dans la vie (ferme-là la voix qui dit le contraire. Tu n’as plus voix au chapitre).

D’ailleurs, comment s’aider à maîtriser cette voix en nous qui nous démolit et qui est la réplique même de la voix de nos parents ?

Certains sont partis en thérapie, d’autres ont décidé de ne pas maîtriser cette voix mais de la transformer et se sont rendus compte qu’en guérissant intérieurement, cette voix disparaissait d’elle-même. D’autres n’ont pas eu le courage encore de se lancer. En effet, seul c’est difficile. Il semble qu’être bien accompagné facilite l’épreuve.
Nous sommes tous bien entourés maintenant. Vous vous rendrez compte qu’autour de vous, vous pouvez avoir les appuis nécessaires à reprendre votre vie en main et à en faire ce que vous souhaitez. Courage !

Quand nous ignorons nos besoins et nos désirs pour le bien des sentiments de notre mère ou notre père, nous agissons à l’encontre de nos intérêts et de leurs intérêts.
Notre colère et notre ressentiment auront forcément des conséquences sur nos relations. Tant que leurs sentiments passeront toujours en premier, ils seront aux commandes de notre vie et nous empêcheront de nous sentir un véritable adulte. La frustration augmentant, la colère augmente également et ça explose ou implose.
Nos comportements agressifs sont toujours un signe de fusion, à cause de l’intensité de nos sentiments, à cause du caractère répétitif et prévisible de nos réactions et à cause du fait que notre comportement n’est pas choisi librement, mais plutôt déterminé par notre besoin de prouver notre indépendance par la défensive.

La colère est chargée d’émotions dérangeantes. Quand nous la refoulons, nous risquons de devenir déprimés ou agressifs. La colère refoulée est imprévisible, elle peut exploser à tout moment. Et quand cela arrive, c’est de façon incontrôlable.
Exemple de nos différents comportements par rapport à la colère :

  • Nous l’enterrons et devenons malades ou déprimés
  • Nous la détournons et la transformons en souffrance ou calvaire
  • Nous la tuons dans l’alcool, la drogue, la nourriture et/ou le sexe
  • Nous explosons à chaque occasion en laissant la colère faire de nous une personne tendue, frustrée, suspicieuse, agressive et qui finira de toutes manière seule.

Extrait : « La colère est une émotion humaine qui nous alerte que quelque chose doit changer dans nos vies, parce que peut-être nos droits sont foulés aux pieds, on nous insulte, on se sert de nous et/ou nos besoins sont négligés. »

Quelques exemples de nos ressentis face à nos parents :
« Je me sens coupable lorsque je fais quelque chose qui les contrarie. »
« Je me sens coupable quand je vais à l’encontre de leurs conseils. »
« Je me sens coupable quand je me mets en colère contre eux. »
« Je me sens coupable quand je refuse de faire ce qu’ils demandent. »
« J’ai peur quand mes parents crient contre moi. »
« Je suis terrifiée à l’idée de blesser mes parents. »
« J’ai peur quand je suis furieux contre mes parents »
« J’ai peur quand je leur dis quelque chose qu’ils ne voudraient pas entendre »
« J’ai peur quand je ne suis pas d’accord avec eux. »
« J’ai peur quand j’essaie de leur tenir tête. »
« Je me sens triste quand mes parents sont malheureux. »
« Je me sens triste quand je n’arrive pas à améliorer leur existence, alors que certaines de mes idées pourraient les aider. »
« Je me sens triste quand ils me montrent à quel point ils me haïssent »
« Je me sens triste quand je fais de la peine à mes parents. »
« Je me sens furieux quand mes parents me critiquent, surtout quand ils le font sans raison. »
« Je suis furieux quand mes parents essaient de me contrôler »
« Je suis furieux quand mes parents me disent comment vivre ma vie »
« Je suis furieux quand ils me disent ce que je dois penser/ressentir, comment me comporter, ce que je dois faire et ne pas faire, comment m’habiller, comment dépenser l’argent que j’ai gagné. »
« Je suis furieux quand ils me rejettent sans raison et me considèrent comme leur ennemi »

Quelques exemples de nos comportements de soumission :
« Je cède souvent à mes parents quels que soient mes sentiments. »
« Il m’arrive souvent de ne rien leur dire de ce que je ressens ou de ce que je pense »
« J’agis comme eux, comme si tout allait bien entre nous, même si ce n’est pas/plus le cas. »
« J’essaie de toutes mes forces de les changer »
« J’essaie de toutes mes forces de leur faire voir et comprendre mon point de vue. »

Quelques exemples de nos comportements agressifs :
« Je me dispute souvent avec mes parents pour leur prouver que j’ai raison. »
« Souvent je crie, je hurle pour me rebeller et/ou me faire entendre par mes parents. »
« J’ai vidé mon sac et j’ai fait sortir mes parents de ma vie » => problème : ils existent toujours dans la tête.

La plupart des enfants de parents maltraitants deviennent très tolérants aux mauvais traitements et savent encaisser et prendre sur eux les agressions qu’ils subissent y compris de personnes étrangères à leur famille.

Nous avons fait une liste de ce que nous avons perdu émotionnellement depuis l’enfance :

  • Perte de bons sentiments à notre égard
  • Perte du sentiment de sécurité
  • Perte de la confiance
  • Perte de la joie
  • Perte des parents respectueux et affectueux
  • Perte de l’enfance
  • Perte de l’innocence
  • Perte de l’amour

Les psychologues nous ont conseillé de faire notre deuil. C’est important pour devenir enfin adultes émotionnellement.
Ces pertes nous les avons ressenties au quotidien. Souvent nous les ignorions voire les supprimions. Pourtant elles nous ont affecté tout le temps.

Cependant, le chagrin a un début, un milieu et une fin. Le processus de deuil provoque choc, colère, incrédulité. Pendant notre deuil nous avons eu l’impression de ne jamais pouvoir nous arrêter de pleurer. Nous avons ressenti beaucoup de honte. Mais les jours passant les larmes se sont taries et la honte s’est envolée. Nous avons le droit de pleurer sur ce que nous avons perdu.

Lynda et Magtebmeiji : « J’enterre ici à jamais mes rêves de famille idéale. Je dépose à jamais mes espoirs et désirs envers mes parents. J’enterre mes rêves sur ce que j’aurais pu faire enfant et adolescent pour les aider et les changer. J’enterre ici tout ce que je pense pouvoir faire pour eux aujourd’hui afin qu’ils soient heureux eux-aussi. J’enterre ici mes rêves de confiance partagée et d’échanges rêvés avec mes parents.
Je sais que jamais je n’aurais de relation comme je le désire avec eux et je pleure cette perte.
Et je l’accepte.
Que mes rêves concernant mes parents reposent en paix. »

Pleurer la perte d’une enfance heureuse n’a rien à voir avec le fait de s’apitoyer sur son sort. Les gens bloqués dans leurs pleurnicheries restent à attendre que quelqu’un d’autre les sorte de là et décide de leur vie. Ils évitent les responsabilités personnelles.

« Le chagrin est actif. Pas passif. » Pendant l’évacuation du chagrin et de la colère, nous avons fait tout notre possible pour nous occuper de manière agréable et faire des activités qui nous plaisent tout en tenant nos parents éloignés pendant le processus.

Magtebmeiji : Est-ce que tu sais que tu n’es pas obligé de répondre au téléphone quand quelqu’un t’appelle ?
Thomas O_o : … Je n’y avais jamais pensé.

Eh oui ! Le réflexe de répondre toujours présent est une plaie de nos jours. Le téléphone peut rester éteint ou loin de nos doigts surtout lorsque nous avons d’autres préoccupations ou d’autres activités. Beaucoup de gens ont le réflexe de répondre immédiatement, mais parfois… laisser un peu de temps passer apporte beaucoup, beaucoup de sérénité.

Nous nous sentons plus sereins et calmes depuis que nous avons accepté le fait que nous ne sommes pas responsables des pertes que nous avons pleuré.

Remettre la responsabilité à sa véritable place ne nous autorise pas à excuser nos propres comportements destructeurs et ne signifie nullement nous délivrer, nous adultes de nos responsabilités.

Notre responsabilité est de jeter un regard honnête sur nos relations avec nos parents, affronter la vérité sur notre enfance, adolescence et trouver le courage de reconnaître le lien entre les événements de notre enfance et ceux de notre vie d’adulte. Nous avons le devoir de trouver et rassembler notre courage d’exprimer nos véritables sentiments, d’affronter et de réduire l’autorité que nos parents exercent sur nous ainsi que de réduire à néant le contrôle qu’ils exercent sur notre vie.

C’est notre responsabilité de changer notre comportement lorsque nous sommes blessants, critiques ou manipulateurs. C’est à nous de demander pardon à ceux que nous avons blessé.

Suite

Les comportements parentaux et nous

Les comportements parentaux et nous

Se remettre en question est difficile. Remettre en question des dizaines d’années voire toute une vie, c’est périlleux, quel que soit l’âge et la personne concernée. Notre groupe est composé de personnes qui se sont entièrement effondrées. Oui, nous avions tous envisagé de nous suicider, comme dit en introduction, et certains étaient prêts à le faire très vite. Qu’est-ce qui a fait que nous nous sommes accrochés et que nous sommes aujourd’hui encore en vie ? Notre volonté. Et le fait que nous étions ensemble nous a beaucoup aidé, car nous nous sentions très seuls devant notre souffrance et la montagne de problèmes que nous croyions avoir.

Tôt ou tard nous allons mourir de toute façon. A quoi aura servi de vivre une vie remplie de tristesses, de larmes, de peurs et de douleurs pour juste mourir comme ça ? A rien. La vie est un cadeau que beaucoup d’êtres humains transforment par égocentrisme en enfer.

Notre but est de sortir de cet Enfer et de remplir nos vies vides de sens. Nous avons suffisamment passé de temps dans les ténèbres à supporter tout et n’importe quoi.

N’ayant plus rien à perdre, nous avons voulu prendre le risque de tout changer pour nous retrouver nous-mêmes et créer enfin quelque chose, de manière complètement égoïste, rien que pour nous.
Au final, cela ne dépend que de nous.

La prise de conscience de nos situations fut difficile. La plupart d’entre nous avons été conditionnés dès l’enfance. C’est surtout le manque de compréhension entre nos parents et nous, leur injustice à notre égard et leur volonté à effacer notre personnalité car différente de la leur qui ont été nos déclencheurs.

Extrait : « Depuis l’apprentissage de la propreté jusqu’à l’adolescence, ces parents ont tendance à considérer la révolte ou même les différences individuelles comme une attaque personnelle. Ils se défendent en renforçant l’incapacité et la dépendance de leur enfant. Ils sapent le développement inconsciemment, souvent persuadés qu’ils agissent au mieux des intérêts de leur enfant. »

Voici quelques exemples de phrases de nos parents entendues en boucle, même à l’âge adulte, comme pour se persuader eux-mêmes de la justesse de leurs actions ou de leurs choix :

« Je ne dis cela que pour ton bien. »

« Le monde est sans pitié et nous t’apprenons à l’affronter. »

« Je préfère être blessé à ta place. »

« C’est pour te protéger. »

« Cela forge le caractère. »

« Puisque les choses fonctionnent comme ça, c’est comme ça qu’il faut faire. »

« Tu n’as pas à discuter. C’est comme ça et pas autrement. »

« Tais toi, tu ne sais pas parler. / Tu parles pour ne rien dire. »

« Oh tu fais ça ? Tu perds ton temps. / Jamais tu n’y arriveras. »

« Tu ne sais pas rire. / Tu ne sais pas sourire »

« Ton sourire est moche. On voit toutes tes dents »

« Tu ne sais pas faire ! »

Ce type de phrases porte le masque de l’éducation et des bons conseils.

Il est difficile pour un adulte de reconnaître son propre caractère destructeur. Et lorsqu’il est souligné par les autres (amis, famille ou inconnus), ces adultes se sentent rejetés, incompris voire ratés. Mais de toute façon ce sera la faute des autres et pas la leur.

Dans nos cas les parents affichent à l’extérieur un énorme complexe de supériorité alors qu’en réalité ils ont un énorme complexe d’infériorité.

L’acceptation des reproches parentaux est un moyen de survie pour les enfants et elle devient le cœur de nos propres comportements autodestructeurs.

Nos parents établissent des règles, rendent des jugements et font mal, quel que soit notre âge.

Nos parents semblent compréhensifs (« Je suis de tout coeur avec toi », « Tu as tout à fait raison », « C’est bien ce que tu as décidé »…), mais ils ne le sont pas. Par cycle de temps allant de quelques jours à 1-2 ans, nous nous sommes rendus compte qu’ils vont sembler nous soutenir, aller dans notre sens, puis nous rabaisser pour casser notre confiance en nous pour enfin nous donner des ordres que nous devons suivre à la lettre sinon… explosion de colère, rage, reproches s’en suivent généralement pour nous faire culpabiliser.

Nous reviendrons plus loin sur la culpabilité. Elle joue un rôle très important dans la manipulation humaine.

C’est la crainte de ne plus être nécessaire qui effraie beaucoup nos parents et les pousse à perpétuer chez nous, enfants, le sentiment d’impuissance et d’incapacité. Il est impératif que même adulte, l’enfant ait besoin de sa mère ou son père ou les 2. Si cela s’arrête ils ne trouvent plus de raison de vivre. Or c’est faux. Ils ont une raison de vivre. C’est juste qu’ils ne la voient pas ou qu’ils ne veulent pas la chercher.

Au cours de nos thérapies nous avons appris qu’en plus de la protection matérielle et physique, les parents doivent également protéger leurs enfants de tout dommage émotionnel. Or nos parents ont échoué ici. Chez nous, les blessures émotionnelles sont nombreuses et profondes.

Les blessures émotionnelles ne guérissent jamais. Nous apprenons à vivre avec sans nous détruire et sans détruire les autres.

Nos parents ont exigé de nous de prendre soin de leurs besoins à eux, d’assumer leurs choix de vie à leur place, de vivre comme ils auraient voulu vivre eux et / ou de vivre à leur image, sans se préoccuper de ce que nous pouvions ressentir ni de ce que nous ressentons aujourd’hui.

Extrait : « Un des types les plus courants de parents dominateurs et manipulateurs est le « bon Samaritain. » 

La manipulation met les gens au pied du mur : pour la combattre, il leur faut faire de la peine à quelqu’un dont le seul tort est de vouloir être « gentil ». Pour la plupart des gens il est plus facile de céder.
Nous avons remarqué avoir 2 réactions face à ce genre de comportement : capituler ou nous révolter. Et dans les 2 cas nous avons tort car nous jouons leurs « jeux ».

Nos parents ont une conduite provoquée par une profonde insatisfaction et par la crainte d’être abandonnés et d’avoir eu tort toute leur vie. Il leur est impossible de reconnaître qu’ils se sont trompés pendant tant d’années. Donc aussi longtemps qu’ils réussissent à nous donner le sentiment que nous restons un enfant, ils peuvent conserver leur contrôle sur nous.

Dans le cas des personnes comme nous, la séparation parents/enfants est retardée pendant des années, voire pour toujours. Elle ne peut avoir lieu que lorsque les changements permettant de récupérer la maîtrise de notre propre vie sont effectués… ou quand les parents décèdent. Et nous, nous avons décidé de ne pas attendre leur mort.

Nos blessures émotionnelles sont longues à guérir parce que certains parents abusent en lançant des attaques répétitives contre notre aspect physique, contre nos capacités intellectuelles, nos compétences ou notre valeur en tant qu’être humain. Quelques exemples de mots des parents qui deviennent nos maux à nous :
« Tu es stupide ».
« Tu pues. / Tu es laide. »
« Tu n’as aucun goût. Tu ne sais pas t’habiller ».
« Tu ne sais pas sourire/rire/parler/te tenir. Quelle honte !»
« Tu ne sais décidément rien faire. »
« Ce n’est pas pour moi que tu le fais. » (force à répondre non alors que la réponse est oui)
« Cela ne sert à rien de t’apprendre. . . »
« T’as vu ton ventre / tes fesses / tes cuisses ? Elles sont énormes ! Tu es grosse. »
« Tu ne comprends rien. Tu interprètes mal les situations. »
« Tu es égoïste. Ne peux-tu pas penser un peu à moi ? »
Pour les parents comme les nôtres, nous, enfants-adultes, sommes devenus une menace. Et ne vous attendez pas à ce qu’ils le reconnaissent. Ils en sont incapables.

Quoi que nos parents possèdent, ils continuent de vivre dans la peur de ne pas avoir assez (assez d’argent, assez d’amour, assez de beauté, etc…). Cette rivalité fait peser sur nous une pression énorme depuis l’enfance, voire l’adolescence.

Extrait : « Pendant de nombreuses années je n’ai pas fait grand-chose, laissant tomber même ce que j’aimais vraiment, parce que j’avais peur. Adulte je continuais à entendre sa voix qui me démolissait. Elle me donnait l’impression d’être une ratée. Ça me faisait si mal. »

Leur programme secret est de faire en sorte que leur enfant ne puisse jamais les surpasser.
« Nous avons tous nos limites, et la tienne c’est moi »
Ils ont énormément peur que nous réussissons mieux dans le travail, dans les relations sociales, dans l’amour… Il faut absolument nous tenir en laisse pour ne pas nous échapper et vivre ce qu’ils osaient à peine rêver.

Attention aux conseils de type « tu devrais », « il faudrait », « il vaut mieux ». Souvent ils se transforment en conseils dits toxiques ou comme nous les appelons, en ordres à suivre à la lettre sous peine de lavages de cerveau quotidien.

Définition d’un lavage de cerveau : quel que soit le moyen (face à face, téléphone, mail), quel que soit l’endroit, le parent se lance dans l’exposé de son idée et le répète en boucle dès qu’il peut. Vous vous sentez sans énergie et avec une seule envie : dire oui/d’accord/ok pour que ça s’arrête.

Nos parents croient qu’il n’y a que 2 façons de faire les choses : comme eux ou mal.

Ils s’opposent à toute réalité extérieure remettant en cause leurs opinions. Plutôt que de changer, ils cultivent en eux une vision déformée de la réalité qui va dans leur sens. Tout doit d’ailleurs aller dans leur sens.

« La confrontation avec les parents dieux est le chemin vers l’indépendance. » C’est en effet le moment critique dans le voyage vers l’autonomie. Le but est de vaincre une fois pour toutes notre peur de leur faire face en étant nous mêmes, de dire la vérité notamment sur nos ressentis (« Aie ! Tu fais mal là ! ») et de déterminer le type de relations que nous pouvons avoir avec eux désormais.

Souvent les parents nient, clament qu’ils ont oublié, que cela n’a jamais existé, que nous avons mal compris les choses et les situations. Ils rejettent la responsabilité sur leur entourage ou sur nous et se mettent en colère. Vous devez vous attendre à une réponse négative, voire explosive.

Attention aux parents manipulateurs : certains sont très forts pour aller dans notre sens lors de la confrontation et reconnaître leurs torts, mais peu de temps après (2 à 3 mois en moyenne) quand ils pensent que nous avons tourné la page ou oublié, ils remettent les chaînes et ont à nouveau le même comportement.

Partez du principe que les parents ne changent pas aussi vite ni aussi facilement surtout après tant d’années de comportement cyclique avec nous.

Tant que les émotions sont trop fortes, il faut éviter les face à face avec les parents, car notre point de vue et notre jugement sont alors obscurcis.
Certaines d’entre nous l’ont fait trop tôt. Il en a résulté des crises d’une rare intensité avec des discours incohérents de notre part. Trouver le bon moment est essentiel.

Nous, nous ne regrettons pas de l’avoir fait. Cela nous a donné le courage d’admettre et d’accepter que nos parents ne changeront jamais quoi que nous fassions. Nous les avons confrontés en direct une seconde fois ou par lettre interposée.
De cette façon nous avons récupéré en grande partie nos vies, nos sentiments et notre énergie, tout en gardant un contact superficiel avec eux.

L’important pour nous n’était plus notre relation avec nos parents.

Lorsque nous laissons nos réactions émotionnelles devenir automatiques, nous renonçons à tout contrôler, nous servons nos sentiments à autrui sur un plateau d’argent. Cela donne aux autres un pouvoir considérable sur nous.

Nous avons pris conscience de notre comportement défensif et avons arrêté d’essayer de « leur faire voir ». Inconsciemment ou non, tant que nous cherchons l’approbation de nos parents ou des autres, nous continuons à être contrôlés.
Le but est de dépassionner autant que possible le dialogue.

Le comportement non défensif s’apprend et se pratique d’abord avec les autres, ensuite avec ses parents.
« oh. Je vois »
« ton point de vue est intéressant. / C’est intéressant »
« Vous avez tout à fait le droit d’être de cet avis »
« Je ne suis pas d’accord. »
« Laissez-moi réfléchir à cela. »
« Reparlons de cela quand vous ne serez pas aussi contrariés. »
« Les insultes et les cris ne nous mèneront nulle part. Et je n’accepte pas vos insultes. »
« Voilà un bon exemple de raisons pour lesquelles . . . »
« Tu n’as pas besoin de me parler de cette façon. »
« Nous continuerons une autre fois quand tu seras plus calme. »
Par la suite d’autres phrases vous viendront à l’esprit de plus en plus facilement lors de vos conversations avec vos parents.

A partir du moment où nous commençons à discuter, à nous excuser, à expliquer, à essayer de faire changer d’avis l’interlocuteur, nous les laissons nous manipuler.
En utilisant les réponses non défensives nous ne demandons rien à personne. Nous ne pouvons ni être repoussés ni être blessés.

Faites attention au syndrome de « Tout sauf ça »
Il faut être suffisamment fort pour supporter que nos parents nous repoussent, qu’ils nient, qu’ils nous accusent, qu’ils se mettent en colère, nous critiquent… Mais il ne faut pas non plus retarder la confrontation indéfiniment.
Tout au long du chemin nous avons dû nous souvenir que nous faisons tout cela pour nous.
La confrontation reste un succès quel que soit le résultat, pour la simple raison que nous avons eu raison de l’entreprendre et qu’il nous a fallu du courage pour le faire.
En réalité l’angoisse diminue, voire pour certains s’efface, après le premier face à face.
L’anticipation de la confrontation est toujours pire que la confrontation elle-même. Et de toutes manières cela ne se passe jamais comme nous l’avions imaginé. Parfois c’est mieux, parfois c’est pire.

Cette discussion peut se faire face à face ou par lettre. Par téléphone, il est trop facile pour nos parents de raccrocher ou pour nous de fuir à nouveau. Par lettre, soyez conscients qu’ils ne liront pas tout et/ou qu’ils ne comprendront rien. Nous vous conseillons le face à face. Pour nous, il a effacé nos peurs et nous a rempli de courage et d’énergie.

Quand débuter la confrontation ? Quand vous vous sentez prêt ou demandez au psy de vous donner le feu vert. Il est vraiment mauvais pour nous de repousser éternellement la confrontation.
Magtebmeiji est la seule à avoir fait la confrontation toute seule et assez vite. Quant à nous, nous avons préféré nous remettre entre les mains du psychologue.
Certains d’entre nous ont vidé entièrement leurs sacs devant leurs parents sans aucun résultat positif. Et ces parents font encore partie de leurs vies.
Mais malgré tout l’amour que nous avons pour eux, cet amour n’existe pas pour qu’ils nous manipulent au gré de leurs émotions et de leurs désirs/envies.

2 ans après avoir pris conscience de l’état de nos vies, nous avons tous dépassé ce stade.
Nos parents ont tous ressenti nos paroles comme des agressions personnelles voire perfides.
Bouh ! Mauvais enfants qui manquent de reconnaissance !
Nous avons réussi à ne pas couper les ponts avec eux malgré tout. Nous avons changé nos comportements et nos relations existeront tant qu’elles ne menaceront pas nos vies. Nos relations sont peut-être superflues, mais nous restons des enfants qui aiment leurs parents malgré tout.
Néanmoins, nous sommes tous prêts à arrêter nos relations avec nos parents si cela s’avère nécessaire. En effet, nous n’oublions pas ce que nous avons vécu et ressenti tout au long de ces années.
Parce qu’en fait nous avons vraiment eu le sentiment d’avoir été trahis par les nôtres avec leurs mensonges redondants.

 

Suite

La réalité peut faire peur. Courage nous sommes tous concernés.

Ceci n’est qu’une partie. La suite à venir si le blog reste ouvert.

L’heure est grave? Non. elle l’a été depuis bien des décennies. Nous avons simplement préféré rester aveugles que de l’accepter.
Oui, ils nous mentent, oui ils nous manipulent. Mais la réalité est là et nous devons l’accepter ensemble pour tous nous en sortir.
Cela semble bizarre de devoir le rappeler. Nous faisons partie des gens qui refusent de se laisser sacrifier pour des illusions et des mensonges.

La règle? Elle est simple mais demande de l’investissement et donc du temps :
Lisez tout ce que vous trouvez, analysez tout ce que vous pouvez et échangez. Vous verrez que tout à coup la réalité fait moins peur quand nous sommes ensemble et que nous agissons ensemble.
Courage à tout le monde. Courage à nous tous et longue vie aux véritables Humains.

Bonne lecture. é_è
Et merci à tout le réseau Voltaire pour ses informations plus réelles que la “normale”.

La France aurait-elle eu vent des attaques du 13/11/2015 ?
http://www.voltairenet.org/article189278.html
Les actions de la France qui ont amené aux attaques terroristes du 13/11/2015
http://www.voltairenet.org/article189275.html

Et le plan des USA. Sommes nous vraiment des poupées sans volonté?
http://www.voltairenet.org/article189306.html

Les terroristes sont stupides au point de laisser des papiers permettant de les identifier ???
Et les citoyens français deviennent des ennemis de l’état Français.
http://www.voltairenet.org/article189291.html

Extrait : « Un acte de guerre contre les populations

Votée en juin 2015, la loi sur le renseignement, ce projet vieux de plus d’une année, nous a été présenté comme une réponse aux attentats de Charlie Hebdo. La loi autorise notamment l’installation de « boites noires » chez les fournisseurs d’accès Internet permettant de capturer en temps réel les métadonnées des utilisateurs. Elle permet également la pose de micros, de balises de localisation, l’installation de caméras et de logiciels espions. Sont soumis à ces techniques spéciales de recherche, non les agents d’une puissance étrangère, mais la population française. Cette dernière est ainsi traitée comme ennemie d’un Pouvoir exécutif, auquel il revient la décision et le « contrôle » de ces dispositifs secrets. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, cette loi légalise des mesures déjà en place, mettant à la disposition de l’Exécutif un dispositif permanent, clandestin et quasiment illimité de surveillance des citoyens. L’absence de toute efficacité dans la prévention d’attentats nous montre que c’est bien les ressortissants de l’Hexagone qui étaient l’objet de la loi et non les terroristes. En changeant la nature des services de renseignement, du contre-espionnage à la surveillance des citoyens, cette loi est un acte de guerre idéelle contre ceux-ci. Les massacres qui viennent d’avoir lieu à Paris en sont le réel. »

 

Autres lectures liées

http://www.voltairenet.org/article189244.html

http://www.voltairenet.org/article189279.html

http://www.voltairenet.org/article189260.html
T___T
MMJMS